Que fait-on du monde ?. Elégie pour quarante et quelque villes

Par : Jean-François Piquet
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  • Nombre de pages118
  • FormatGrand Format
  • PrésentationRelié
  • Poids0.145 kg
  • Dimensions12,7 cm × 20,3 cm × 1,0 cm
  • ISBN978-2-37475-001-9
  • EAN9782374750019
  • Date de parution08/10/2015
  • ÉditeurRhubarbe

Résumé

Quarante villes. Et autant de fois je qu'il y a de villes. Je suis un soldat de Tbilissi. Je suis un touriste sexuel à Sally-Portudal. Je suis un vieillard de Marseille. Je suis un veuf à Charm-el-Cheikh. Je suis je en même temps des deux côtés du mur-frontière israélien. Je suis je aux quatre coins du monde. Autant de fois je qu'il y a de villes, et quarante, ça vaut pour toutes. Je n'est pas seulement un autre.
Mais tous les autres possibles vers lesquels l'écriture conduit. Je est un pêcheur de Thulé. Je est un trafiquant d'enfants à Bam. Je est une femme de Kilipala. Ici, toutes les fuites possibles (exotiques, touristiques, esthétiques même) sont abolies. On ne peut entrer dans chacune des villes qu'à la première personne. Voilà le péril lorsque écrire est manière de répondre à l'appel du monde. Se vouloir sujet du monde c'est prendre le risque d'être en chaque lieu celui qui doit en porter le poids.
" Pourquoi se souvenir, pourquoi évoquer le passé quand à lui seul le présent pèse du poids du monde ? " Alors on va. Pendant un an comme si c'était un siècle. De ville en ville. De je en je. Je est un homosexuel brûlé vif à Lens. Je est un vendeur de montres à Bagdad. Ce monde terrible et éblouissant, c'est chez nous, chez moi. Le parcourir, c'est laisser monter la plainte, l'élégie qui vient nous arracher de derrière nos abris de témoins si lointains, journal, écran télé.
Nous voici devenus protagonistes du monde. Nous voici mis au monde. (Michel Séonnet)