Pandémie et biopouvoir. La nouvelle précarité contemporaine

Par : Jean Furtos
  • Nombre de pages101
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.158 kg
  • Dimensions15,0 cm × 21,0 cm × 1,0 cm
  • ISBN978-2-7288-0741-3
  • EAN9782728807413
  • Date de parution06/05/2021
  • CollectionEssai
  • ÉditeurRue d'Ulm

Résumé

La pandémie à la Covid-19 n'est certes pas un fantasme. Mais comment comprendre qu'elle suscite une peur folle, en grande partie coupée de sa dangerosité réelle, et qui relève, en réalité, d'une contagiosité psychosociale aux effets mortifères ? Cette contagiosité est une conséquence de la mondialisation, qui produit une mauvaise précarité associée à une triple perte de confiance en soi, en l'autre et dans le temps long.
Dans ce contexte, l'ultime "objet" à perdre, pour le sujet humain, est son corps biologique chosifié, sans qualité psychique, sociale ni spirituelle, dans le contexte d'un biopouvoir qui réduit précisément le sujet à sa vie nue, otage de l'hygiène et de la médecine. L'état d'exception permanent, ou urgence sanitaire, peut rendre les humains fous d'angoisse et les remplir d'incertitude quant à la fiabilité des liens sociaux.
Sapant les assises symboliques des cultures et des personnes, les excès du biopouvoir affectent la notion même d'avenir et de projets porteurs de sens. En tout cela, ils sont antagonistes aux droits de l'homme. Un seul antidote serait véritablement efficace : le retour à une bonne précarité, à la conscience du fait que l'on ne peut absolument pas vivre sans l'aide d'autrui.
Jean Furtos est psychiatre des Hôpitaux honoraire, ancien chef de service en psychiatrie au Centre hospitalier de Lyon-Bron et membre permanent de l'Association mondiale de psychiatrie sociale (WASP). D'orientation psychanalytique, il a cultivé les marges, celles des thérapies corporelles qui déferlaient en France dans les années 1970, puis celles du travail avec les "politiques" , juristes ou sociologues.
Et celles, surtout, des troubles qui, pour une bonne part, relèvent de marges sociales et remettent en cause la définition de la maladie mentale. Inventif et engagé, il a mis en place de véritables réseaux de soins pour une "clinique psychosociale" . Intéressé par le lien entre les pratiques émergentes, convaincu de la nécessité de fédérer des courants et de développer la recherche dans ce domaine, il a fondé l'Observatoire national Santé mentale & Précarité (Orspere-Samdarra) ainsi que la revue Rhizome (http : //www.
orspere. fr/). Parmi ses très nombreuses publications, on citera notamment Les Cliniques de la précarité (Masson, 2008) et De la précarité à l'autoexclusion (Rue d'Ulm, 2009, 8e tirage 2018).