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Minetti ; Les apparences sont trompeuses ; Déjeuner chez Wittgenstein ; Simplement compliqué

Par : Thomas Bernhard
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  • Nombre de pages316
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.412 kg
  • Dimensions13,6 cm × 21,0 cm × 2,2 cm
  • ISBN978-2-38198-058-4
  • EAN9782381980584
  • Date de parution06/10/2023
  • CollectionScène ouverte
  • ÉditeurL'Arche
  • TraducteurClaude Porcell
  • TraducteurMichel Nebenzahl
  • TraducteurEdith Darnaud
  • PréfacierNicolas Bouchaud

Résumé

Ce volume de pièces de référence de Thomas Bernhard illustre la relation acerbe et ambivalente qu'entretenait l'auteur viennois avec le monde du théâtre, la profession de comédien et l'art dramatique en général, le plus proche de la folie, un art entre mascarade et aliénation. Miroir de Bernhard et figure repoussoir, l'acteur cristallise toute la haine féroce que Bernhard vouait au monde théâtral, un monde haïssable de faux semblants, de culte du pouvoir, métaphore de la société de l'époque et de la nation autrichienne : "l'humanité entière délire de pouvoirs / où que nous regardions / nous ne voyons qu'une humanité délirant de pouvoirs / nous sommes au coeur / d'un processus catastrophique de crétinisation" "L'Autriche elle-même n'est rien d'autre qu'une scène/ où tout va à vau-l'eau à la putréfaction à l'agonie/ une figuration enfoncée dans la haine d'elle-même/ formée par six millions et demi d'abandonnés/ six millions et demi de débiles et de fous furieux" Dans Déjeuner chez Wittgenstein, Voss, alter ego de Ludwig Wittgenstein, oscille de façon permanente entre folie et génie.
Considérée comme l'une des pièces les plus violentes, les plus assassines de Bernhard, elle est également caractérisée par plusieurs évocations de Schopenhauer qui partageait la même authentique aversion pour l'esprit de sa nation, pour la "lourdeur" germanique. L'excès frôle la jubilation et la virulence hargneuse ne faiblit jamais, que l'on y parle des symphoniques de Beethoven ou de viandes en sauce.
La langue bernhardienne se fait obsédante, obsessionnelle, répétitive, monstrueuse, portée par des locuteurs avoisinant constamment la solitude et la folie. Dans leur bouche, la décomposition du discours se dévoile comme un moi qui se dissout, laissant entrevoir une vaste béance de désespoir. Ainsi trouve-t-on, dans Minetti : "Vous entendez/ La mer/ La mathématique/ La peine/ L'effroi/ L'ambition/ L'abandon/ Vent/ Côte/ Ce mot côte/ (chantant presque) Côte/ côte/ et puis/ brume/ Perception/ Jalousie/ (criant soudain) A l'aide/ (tout bas) Crime/ (à la dame directement) Quand ne règne plus que le I/ ou plus que le U/ ou le O (comme s'il imitait le chant du coq) Cocorico/ Cocorico/ Cocorico".
"D'une certaine manière les comédiens sont des crétins /même les plus grands / même les plus célèbres / ils fuient leur médiocrité / et la médiocrité les rattrape / sans exception" Sous la plume de Bernhard, le théâtre, miroir métaphysique de la vie humaine, prend la forme d'une grande danse macabre où des pantins se débattent dans une époque finissante et engluée dans les atrocités du passé, avec le suicide comme échappatoire à la suffocation politique.

Avis des lecteurs
Commentaires laissés par nos lecteurs

3/5
sur 1 note dont 1 avis lecteur
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Anonyme
3/5
“ Déjeuner chez Wittgenstein ”
Deux sœurs préparent le retour de leur frère d’un séjour en hôpital psychiatrique autour d’ un énième repas dominical sur fond de réconciliation. On attend avec impatience l’arrivée du frère, et place aux agapes, entrée, plat… et profiteroles. La langue est compressée, d’une efficacité théâtrale redoutable et comme à son habitude et il en ressortira quelques vérités et partis pris chers à l’auteur. Les névroses familiales resurgissent aussitôt et le contexte est idéal pour que tout y passe : le milieu artistique, la musique classique, la cuisine… mais surtout l’hypocrisie de ses contemporains. Je ne sais pas vraiment quel était le lien entre Thomas Bernhard et Ludwig Wittgenstein mais en en faisant le protagoniste de sa pièce, on retrouve en substance les idées du « Tractatus » dont l’auteur s’est souvent imprégné. Peut-être pas la pièce de Bernhard à découvrir en priorité, les idées s'annoncent et s'enchaînent de façon parfois confuse.
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