"Si les philosophes écrivaient leurs livres en faisant le ménage, leurs idées sur le réel seraient plus justes et le monde s'en porterait mieux. C'est dans la serpillière que nous tenons, à la fois peu ragoûtante et si nécessaire, que nous nous reflétons". Le ménage n'est pas et n'a jamais été une activité neutre : il est un rituel d'assujettissement historiquement utilisé pour humilier la femme. Ménagère, mégère, acariâtre, la figure de la femme qui nettoie - à genoux, au ras du sol - a longtemps été instrumentalisée pour produire une dégradation de l'image du "moi" et justifier son exploitation économique.
Mais si le ménage, loin d'abêtir, nourrissait la pensée ? En nous plongeant dans les écrits de Virginia Woolf, Françoise Vergès, Mona Chollet, l'autrice opère un retournement philosophique et montre que les femmes ont toujours pensé en nettoyant. Mêlant récit autobiographique, analyse sociologique et réflexion philosophique, Peggy Avez fait du ménage un art de penser mais aussi un art subversif, tout en interrogeant notre notion de la saleté.
Ce faisant, elle plaide pour une philosophie des contrebas qui sait s'accommoder du réel, et pour une revalorisation non genrée du soin domestique comme pratique créatrice et politique, jusqu'à devenir émancipatrice. Bio : Docteure et agrégée de philosophie, Peggy Avez poursuit depuis quelques années ses travaux de philosophie féministe de façon indépendante. Après sa thèse sur la notion de liberté (L'envers de la liberté : une approche historique et dialectique, Editions de la Sorbonne, 2017), elle a créé le podcast "Simone et les philosophes" et explore des sujets minorisés par les normes de la philosophie traditionnelle.
"Si les philosophes écrivaient leurs livres en faisant le ménage, leurs idées sur le réel seraient plus justes et le monde s'en porterait mieux. C'est dans la serpillière que nous tenons, à la fois peu ragoûtante et si nécessaire, que nous nous reflétons". Le ménage n'est pas et n'a jamais été une activité neutre : il est un rituel d'assujettissement historiquement utilisé pour humilier la femme. Ménagère, mégère, acariâtre, la figure de la femme qui nettoie - à genoux, au ras du sol - a longtemps été instrumentalisée pour produire une dégradation de l'image du "moi" et justifier son exploitation économique.
Mais si le ménage, loin d'abêtir, nourrissait la pensée ? En nous plongeant dans les écrits de Virginia Woolf, Françoise Vergès, Mona Chollet, l'autrice opère un retournement philosophique et montre que les femmes ont toujours pensé en nettoyant. Mêlant récit autobiographique, analyse sociologique et réflexion philosophique, Peggy Avez fait du ménage un art de penser mais aussi un art subversif, tout en interrogeant notre notion de la saleté.
Ce faisant, elle plaide pour une philosophie des contrebas qui sait s'accommoder du réel, et pour une revalorisation non genrée du soin domestique comme pratique créatrice et politique, jusqu'à devenir émancipatrice. Bio : Docteure et agrégée de philosophie, Peggy Avez poursuit depuis quelques années ses travaux de philosophie féministe de façon indépendante. Après sa thèse sur la notion de liberté (L'envers de la liberté : une approche historique et dialectique, Editions de la Sorbonne, 2017), elle a créé le podcast "Simone et les philosophes" et explore des sujets minorisés par les normes de la philosophie traditionnelle.