Mallarmé et la parole de l'imâm

Par : Cynthia Fleury
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  • Nombre de pages182
  • FormatPoche
  • PrésentationBroché
  • Poids0.12 kg
  • Dimensions11,0 cm × 17,8 cm × 1,3 cm
  • ISBN978-2-07-288941-7
  • EAN9782072889417
  • Date de parution17/09/2020
  • CollectionFolio. Essais
  • ÉditeurGallimard
  • PréfacierChristian Bobin

Résumé

Ce livre donne une joie étrange, comme celle que peut engendrer la vision d'un flocon de neige dansant entre terre et ciel, ivre d'aller à la rencontre de sa propre mort. La toupie d'une pensée tourne avec les pages. Sa pointe est appuyée sur cette intuition : la parole audible, seule digne d'être écoutée car seule vraie, est la parole qui renonce à être sa propre lumière, pour s'éprouver buée sur le miroir du langage seul divin.
Telle est la parole du poète, ou celle de l'imam. La belle invention de ce livre est de détacher l'écrivain de toute appartenance esthétique, et le saint de toute soumission doctrinale. Encore faut-il préciser : personne n'est poète. Personne n'est saint. Seul le langage l'est quand il renonce à saisir l'insaisissable et qu'il n'est plus qu'un effet de sidération du poète ou du priant. La vérité n'est pas atteinte dans le chant du soufi, pas plus qu'elle ne l'est dans la phrase surnaturellement obscure de Mallarmé.
C'est l'inverse : ce sont eux— le soufi qui tourne autour de la poussière de son âme, et le poète qui demande à l'univers mutique d'écrire son livre absolu — qui sont soudain malgré eux atteints par la vérité informulable. Blessés par la lumière. A terre. Christian Bobin

L'éditeur en parle

L'auteur est entré en philosophie avec un travail sur les rapports entre philosophie islamique et néoplatonisme à la Renaissance. Mallarmé et la parole de l'imâm s'insère dans cette démarche de rapprochement de voies d'inspiration apparemment divergentes, ici la poétique mallarméenne et ce qu'elle appelle la "parole de l'imam". Mallarmé et l'imâm savent ce qui les sépare de Dieu ou de la poésie : c'est eux-mêmes.
Le voile, symbole de la descente de l'Idée, devient le lieu de la conquête poétique du soi. A l'instar de l'imâm, le poète connaît le peu de valeur d'un sens découvert : entre le sens et la littérature, il y a l'Idée ou la subtilité de la musique. Cette alchimie du sens et de la littérature, c'est proprement de l'in-ouï, l'ampleur du vers mallarméen conjugué au vent naturel qui souffle dans la demeure d'Igitur, héros d'un "conte" qui "s'adresse à l'Intelligence du lecteur qui met les choses en scène, elle-même", selon les mots du poète français luimême.
Autre oeuvre de rapprochement, Les Noces d'Hérodiade. La noce ne dit plus la fusion, mais la condition phénoménale du monde et la vérité de l'intelligibilité. Le monde apparaît parce que la noce existe. Faceà- face ultime entre science de l'imâm et parole poétique : Hérodiade, nom divin, "pierre précieuse", est indissociable d'une effectivité qui se traduit dans le verbe du prophète.
Philosophe et psychanalyste de formation, Cynthia Fleury dirige la Chaire de Philosophie à l'Hôpital Sainte-Anne (GHT Neurosciences et Psychiatrie. Plus jeune membre du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), elle est aussi la fondatrice du "Prix Philosophie".
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