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Les Sirènes d'Alexandrie

Par : François Weerts
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  • Nombre de pages317
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.285 kg
  • Dimensions12,5 cm × 19,0 cm × 1,1 cm
  • ISBN978-2-7427-8076-1
  • EAN9782742780761
  • Date de parution05/11/2008
  • CollectionActes noirs
  • ÉditeurActes Sud

Résumé

Se retrouver propriétaire d'un claque à 24 ans quand on est journaliste, s'imaginer que l'on va revêtir le costard croisé crème, les pompes bicolores, et pourquoi pas le borsalino... Antoine Daillez n'a pas le coeur à sourire. 1984, à Bruxelles, ville en pleine mutation architecturale, Antoine vient d'hériter d'une maison léguée par son grand-père, ancien patron de multinationale et poète à ses heures.
Une maison dont il ignorait l'existence, située derrière la gare du Nord, au coeur du quartier des vitrines de Bruxelles et qui abrite un bar, "l'Alexandrie" , qui ne doit pas sa réputation à ses qualités limonadières... Bientôt, drames et incidents vont se multiplier autour de "l'Alexandrie" qui semble susciter bien des convoitises. Sa locataire, la vieille Mémé Tartine, une sorte de mère Térésa pour les travailleuses du quartier, est retrouvée assassinée sur une voie de chemin de fer toute proche.
Des skinheads s'en prennent allègrement à la façade du bar, puis à, Gudule, sa patronne et même, à Sonia, l'une de ses employées. Manoeuvres de quelque proxénète local ? Assurément pas, le look "crâne rasé et croix gammée" n'est pas celui de Monaco, le patron de la pègre prostitutionnelle qui veille et protège "l'Alexandrie" à cause d'une dette de reconnaissance à l'égard du grand-père d'Antoine "".
Protection, par ailleurs, un brin envahissante... Mais alors, que vient faire ce commissaire de PJ, faux jeton accompli dont l'urbanité dissimule la gâchette facile et des idées inspirées des dictatures latino-américaines ? En quoi cet établissement intéresse-t-il le leader d'un parti d'extrême droite flamand ? Ces réponses, Antoine Daillez devra les chercher dans la jeunesse de son grand-père, avec l'aide de Martial Chaidron, inspecteur de la brigade des moeurs, et de Piotr Bogdanovitch, historien de son état.
La clé de l'énigme n'est pas belle à voir : le grand-père n'était pas seulement collabo, mais une ordure dont la période trouble de la guerre gêne aujourd'hui les partis indépendantistes ou d'extrême-droite en passe de redorer leur image en polissant leur discours, en l'édulcorant pour le rendre plus fédérateur. Antoine y trouvera un secret que les nostalgiques de l'Occupation auraient préféré refouler.
Du grand jeu politique donc, mais d'un trouble, d'une crasse, sous lesquels pourtant, quelque part, se trouvait un homme, avec ses raisons, ses faiblesses, ses secrets - pas forcément politiques. Aujourd'hui, derrière la gare du Nord de Bruxelles, les vitrines ont été démolies, elles ont cédé la place à des bureaux. Après les crises successives, la capitale de l'Europe s'est remise à apprivoiser les rêves du XXIe siècle et les tours ont repris leur envolée vers le ciel.
Bruxelles, ville sans mémoire, où l'on préfère faire table rase du passé pour mieux reconstruire. Mais sur quelles bases ? Avec "Les Sirènes d'Alexandrie" , son premier livre, François Weerts donne un roman noir dans la meilleure tradition. Celle qui sait mener, avec son lot de violence et d'amour, une intrigue dont les bases sont avant tout humaines, et cela sur un fond social urbain où misères et espoirs, qu'ils soient communs ou individuels, sont de toute façon balayés par le grand vent de l'Histoire.
"François Weerts est journaliste et vit à Waterloo".

Avis des lecteurs
Commentaires laissés par nos lecteurs

4/5
sur 2 notes dont 1 avis lecteur
“ Dans les quartiers chauds de Bruxelles ”
Bruxelles, 1984. La ville entreprend de grands travaux pour rénover ses quartiers nord, lieux de débauche où les filles s'exposent derrière les vitrines et où pullulent les bars mal famés. C'est dans ce contexte qu'Antoine Daillez hérite de son grand-père un de ces bars à filles, l'Alexandrie. Grosse surprise pour le jeune journaliste qui n'imaginait pas un seul instant son riche aïeul propriétaire d'un tel endroit. Quoi qu'il en soit, Antoine a d'autres chats à fouetter, en l'occurrence il doit couvrir un suicide sur les voies ferrées pour son journal. Mais l'Alexandrie va très vite le rappeler à son bon souvenir. Gudule, la gérante, est attaquée par une bande de skinheads, à la recherche de certains documents et la suicidée des rails n'était autre que Mémé Tartine, la locataire de l'appartement au-dessus du bar. Cette protectrice des prostituées du quartier ne s'est d'ailleurs pas suicidée, on l'a assassinée. Force est de constater que le grand-père avait bien des secrets... Ce qui commence comme un banal roman noir se transforme, sous la plume de François WEERTS, en une palpitante plongée dans l'histoire de la Belgique. On y découvre que le plat pays n'a rien à envier à la France en ce qui concerne la deuxième guerre mondiale. L'occupation allemande a été accueillie par certains comme une chance de créer un état flamand indépendant et leurs agissements ont été à la hauteur de cette ambition: collaboration, spoliation des biens juifs, dénonciations et organisations des convois en partance pour les camps de la mort. C'est tout cela que va découvrir Antoine en enquêtant sur son grand-père. Difficile pour lui de faire le lien entre ces faits et l'homme qu'il connaissait, un brillant homme d'affaires qui ne se mêlait pas de politique et ne semblait pas être nationaliste. Alors, il fouille, il creuse pour tenter de laver la honte que soudain il ressent. De rebondissements en surprises, de secrets bien gardés en règlements de compte, le journaliste fera la lumière sur cette étrange histoire de famille liée à la grande histoire. Une belle écriture, un personnage attachant qui se raconte avec humour malgré ses mésaventures font de ce roman un moment de lecture à la fois divertissant et instructif. Seul bémol: une histoire d'amour prévisible et insipide entre Antoine et une des pensionnaires de son bar à filles dont l'auteur aurait pu se dispenser...Mais il s'agit d'un premier roman alors on lui pardonne cette faute de goût.
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