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Les professionnels de santé et l'ostéopathie. Complémentarité, déviance ou expédient ?

Par : Jean-Michel Lardry
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  • Nombre de pages76
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.115 kg
  • Dimensions14,0 cm × 21,0 cm × 0,5 cm
  • ISBN978-2-915312-24-9
  • EAN9782915312249
  • Date de parution01/07/2011
  • Collectionchandelle dans les ténèbres
  • ÉditeurBook-e-book

Résumé

La médecine s'est considérablement développée en France à partir des années 50. La qualité de la formation, les conditions d'exercice, la mise à disposition d'outils performants (médicaments, examens de laboratoire et d'imagerie, etc.) et la recherche lui ont permis de progresser et de rendre d'incontestables services à la population concernée. Fort de ce succès, les représentants du corps médical se sont sentis particulièrement puissants, ne pouvant penser qu'une autre forme de médecine pouvait les concurrencer.
Mais l'évolution considérable de la médecine et les résultats obtenus par cette discipline n'ont pas fait disparaître les autres formes de prise en charge d'un malade, appelées "médecines alternatives". Bien au contraire, puisque certaines d'entre elles, comme l'ostéopathie, ont même obtenu une reconnaissance officielle de leur pratique par le législateur. Mais, au lieu de clarifier la situation, ces dispositions règlementaires ont semé le trouble, ne donnant satisfaction, pour des problèmes d'identité et de pratiques professionnelles, à aucun des acteurs concernés : médecins, paramédicaux, ostéopathes.
Dans le contexte sociétal actuel et sachant que tout individu en souffrance physique ou psychologique aura souvent tendance à chercher un réconfort - et une écoute - dans les thérapies "non officielles", pourquoi ne pas chercher, dans l'avenir, à faire cohabiter intelligemment dans notre société la médecine scientifique et les médecines alternatives ?

L'éditeur en parle

Jean-Michel Lardry, kinésithérapeute de formation et expert auprès de la Haute Autorité de Santé, était sans doute le mieux placé pour rédiger cet ouvrage qui donne une vue d'ensemble sur le problème de l'ostéopathie et des différents intervenants qui s'y rattachent ou qui s'en réclament. Après un bref historique, il nous expose les grands principes et les différentes formes qui interviennent dans cette discipline : ostéopathie articulaire, ostéopathie viscérale, ostéopathie crânio-sacrée.
Puis il nous fait revivre, textes à l'appui, la saga de l'officialisation de la pratique ostéopathique en France. La loi du 4 mars 2002 est un texte qui officialise l'exercice de l'ostéopathie et de la chiropraxie. Le problème est que cette pratique est revendiquée par trois types de professionnels : les médecins, les kinésithérapeutes et ceux qui ne sont ni l'un ni l'autre, et que Jean-Michel Lardry appelle les ostéopathes " ni-ni ".
C'est certainement la partie la plus passionnante de l'ouvrage, celle où l'on voit ces différents intervenants se déchirer pour conserver ou revendiquer cette pratique à leur usage exclusif. On l'aura compris, il s'agit d'un ouvrage plus sociologique que scientifique. D'ailleurs le problème de l'efficacité de l'ostéopathie n'est pas vraiment approfondi, même si l'essentiel est dit : " A l'heure actuelle aucune preuve d'efficacité de l'ostéopathie n'a été rapportée, ni par rapport aux manipulations articulaires, ni par rapport aux techniques crânio-sacrées, ni par rapport aux techniques relatives à l'ostéopathie viscérale ".
L'ouvrage se termine en indiquant que, " au lieu de clarifier, le législateur a, indirectement, apporté la confusion ", " A vouloir contenter tout le monde le gouvernement a au moins réussi une chose : ne contenter personne ", et l'auteur lance quelques pistes sur ce que pourrait être l'avenir de l'ostéopathie dans le paysage médical. Les ostéopathes " ni-ni " pourraient chercher à obtenir un statut particulier, différent de celui des professionnels de santé et demander à obtenir l'exclusivité de leur pratique professionnelle.
Ils seraient alors en concurrence directe avec les médecins et les kinésithérapeutes. Il se peut aussi qu'ils préfèrent redevenir des soignants " non officiels ", comme le sont les rebouteux, les radiesthésistes ou les magnétiseurs, afin de ne pas perdre la substance " extraordinaire " qui s'attache aux médecines non conventionnelles. Note de lecture de Jean Brissonnet publiée dans la revue "Science et pseudo-sciences" n° 299, janvier 2012 et mise en ligne le 7 août 2012 sur le site de l'association française pour l'information scientifique www.afis.org