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Les monuments de la Révolution 1770-1804. Une histoire de représentation

Par : Annie Jourdan
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  • Nombre de pages542
  • FormatGrand Format
  • PrésentationRelié
  • Poids0.97 kg
  • Dimensions17,0 cm × 24,0 cm × 3,5 cm
  • ISBN2-85203-654-1
  • EAN9782852036543
  • Date de parution01/01/1997
  • CollectionLes dix-huitièmes siècles
  • ÉditeurHonoré Champion

Résumé

La Révolution française a brisé radicalement avec tout ce qui l'a précédée. Cette rupture politique s'est doublée d'une rupture iconographique : à travers des emblèmes, des monuments, des statues, des décors, s'est opérée une autre révolution, qui répondait à la conviction sensualiste qu'un remaniement radical de l'imagerie politique s'imposait, en vue de l'éducation du peuple. Cet ouvrage tente de retrouver la multiplicité des images qui ont été commandées, projetées et/ou réalisées dans ce but et tient compte tout autant des messages intentionnels que des commentaires qui bourdonnent autour des oeuvres.
Il s'agit donc là non point d'une histoire de l'art mais d'une histoire symbolique qui s'efforce de déceler ce qui a été pensé mais jamais clairement défini par les acteurs révolutionnaires. La problématique permet de revenir sur plusieurs des grandes questions de l'histoire de la Révolution française. Entre autres sur celle qui touche à la représentation visuelle des pouvoirs, peu souvent étudiée.
Car, si la représentation en tant que concept politique et juridique est plus que jamais à l'ordre du jour, bien des historiens semblent oublier que la représentation nationale souhaite à son tour être représentée. Cette aspiration est particulièrement perceptible sous la Révolution, qui, après avoir tout détruit, doit tout réinventer, jusqu'au moindre signe. Le problème, c'est que dans une période de troubles intenses, il est difficile de dresser du jour au lendemain un décor fixe et unanimiste.
Le problème, c'est que les législateurs aspirent à une imagerie destinée au peuple, alors que dans le même temps, ils ne cessent de revendiquer une imagerie destinée à la nouvelle élite de la nation. Et c'est là que, sans le vouloir ou le savoir, ils renouent avec la tradition monarchique, instaurée par Louis XIV. Une tradition devenue typiquement française où s'entremêlent politisation de l'esthétique et esthétisation du politique, une tradition qui réconcilie majesté monarchique et monumentalité républicaine.