Dans les marches orientales du Népal et du Tibet, en 1933, un village frontalier himalayen devient le théâtre d'une rencontre politique entre des officiels népalais, gens de caste hindoue, et des chefs tibétains bouddhistes, délégués par leurs Etats respectifs pour traiter des conflits nombreux qui ensanglantent régulièrement les frontières entre les deux pays. L'un des officiels népalais, un avocat, écrivit un traité de cette rencontre, dont la traduction est donnée dans ce livre.
Il s'agit d'un véritable récit ethnographique népalais qui va bien au-delà de la simple relation des négociations. En filigrane s'y dessinent les facteurs du processus intime de décomposition de l'ordre ethnique local par l'irruption des structures étatiques. Brahmanes et Tibétains bhotiya s'affrontent d'abord sur les questions de pureté rituelle et d'étiquette, révélant combien la religion est ancrée dans les usages locaux.
Quant au chef du village, le gowa, il devient pour une part un agent d'Etat à la solde des gouvernants rang du Népal, tout en conservant une grande liberté de maneuvre en tant que marchand et collecteur de taxes aux frontières. Cet ouvrage décrit comment les structures anciennes de chefferie, qui auraient pu disparaître complètement ou perdre leur sens, ont réussi ici non seulement à se maintenir mais à prospérer, en intégrant une parte du dynamisme propre au mouvement de la marchandise.
Les Bhotiya des frontières, instables et marginaux, se sont émancipés ethniquement et économiquement en profitant à la fois des innovations politiques, de la circulation accore de l'argent et de la position de droit héritée des anciennes chefferies.
Dans les marches orientales du Népal et du Tibet, en 1933, un village frontalier himalayen devient le théâtre d'une rencontre politique entre des officiels népalais, gens de caste hindoue, et des chefs tibétains bouddhistes, délégués par leurs Etats respectifs pour traiter des conflits nombreux qui ensanglantent régulièrement les frontières entre les deux pays. L'un des officiels népalais, un avocat, écrivit un traité de cette rencontre, dont la traduction est donnée dans ce livre.
Il s'agit d'un véritable récit ethnographique népalais qui va bien au-delà de la simple relation des négociations. En filigrane s'y dessinent les facteurs du processus intime de décomposition de l'ordre ethnique local par l'irruption des structures étatiques. Brahmanes et Tibétains bhotiya s'affrontent d'abord sur les questions de pureté rituelle et d'étiquette, révélant combien la religion est ancrée dans les usages locaux.
Quant au chef du village, le gowa, il devient pour une part un agent d'Etat à la solde des gouvernants rang du Népal, tout en conservant une grande liberté de maneuvre en tant que marchand et collecteur de taxes aux frontières. Cet ouvrage décrit comment les structures anciennes de chefferie, qui auraient pu disparaître complètement ou perdre leur sens, ont réussi ici non seulement à se maintenir mais à prospérer, en intégrant une parte du dynamisme propre au mouvement de la marchandise.
Les Bhotiya des frontières, instables et marginaux, se sont émancipés ethniquement et économiquement en profitant à la fois des innovations politiques, de la circulation accore de l'argent et de la position de droit héritée des anciennes chefferies.