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Les dictionnaires surréalistes (1924-1976). Alphabet et déraison, 2 volumes
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- Nombre de pages896
- PrésentationBroché
- Poids1.36 kg
- Dimensions15,5 cm × 23,5 cm × 3,0 cm
- ISBN978-2-7453-2499-3
- EAN9782745324993
- Date de parution01/04/2013
- ÉditeurHonoré Champion
Résumé
Les surréalistes furent d'infatigables pasticheurs de dictionnaires. Du chef-d'oeuvre poétique Glossaire "j'y serre mes gloses" de Michel Leiris (1925 et 1939) à "Objets d'identit" é (1976), en passant par le "Dictionnaire critique" de la revue "Documents" (1929-1930), le "Dictionnaire abrégé du surréalisme" (1938), la mystérieuse "encyclopédie" Da Costa (1947-1949) et le "Lexique succinct de l'érotisme" (1959), sans compter les réalisations plus modestes qui reprennent à nouveaux frais la grande oeuvre séculaire de la lexicographie, les surréalistes cultivèrent avec une remarquable obstination la "déraison par alphabet" .
On ne les attendait pourtant pas sur ce terrain d'une forme autoritaire et standardisée, dont l'image est liée d'un côté à la légalité de la langue, de l'autre à une culture recuite, de consommation courante, à portée immédiate du savoir. Pourquoi ce paradoxe ? Au-delà des apparentes incompatibilités entre écriture surréaliste et écriture lexicographique, le dictionnaire répond d'abord à un choix institutionnel, à l'ambition encyclopédique du mouvement ; ensuite, à une attraction naturelle pour un genre hétéroclite et un ordre anti-architectural qui place les mots à la clef de tout ; enfin, à une démarche polémique qui instruit le procès du vocabulaire et en ouvre autoritairement le sens.
La culture buissonnière des vocables hors de leur usage réglementaire amène cependant à envisager le langage surréaliste dans une perspective qui n'est pas si éloignée de certaines conceptions modernes de la linguistique. Pierre-Henri Kleiber, agrégé de lettres modernes et docteur ès lettres, est maître de conférences à l'Université de Cergy-Pontoise. Sa recherche porte sur les dictionnaires et la littérature au sein du laboratoire CNRS Lexiques Dictionnaires et Informatique (UMR 71 87).
On ne les attendait pourtant pas sur ce terrain d'une forme autoritaire et standardisée, dont l'image est liée d'un côté à la légalité de la langue, de l'autre à une culture recuite, de consommation courante, à portée immédiate du savoir. Pourquoi ce paradoxe ? Au-delà des apparentes incompatibilités entre écriture surréaliste et écriture lexicographique, le dictionnaire répond d'abord à un choix institutionnel, à l'ambition encyclopédique du mouvement ; ensuite, à une attraction naturelle pour un genre hétéroclite et un ordre anti-architectural qui place les mots à la clef de tout ; enfin, à une démarche polémique qui instruit le procès du vocabulaire et en ouvre autoritairement le sens.
La culture buissonnière des vocables hors de leur usage réglementaire amène cependant à envisager le langage surréaliste dans une perspective qui n'est pas si éloignée de certaines conceptions modernes de la linguistique. Pierre-Henri Kleiber, agrégé de lettres modernes et docteur ès lettres, est maître de conférences à l'Université de Cergy-Pontoise. Sa recherche porte sur les dictionnaires et la littérature au sein du laboratoire CNRS Lexiques Dictionnaires et Informatique (UMR 71 87).


