Le théâtre de la disparition de l'homme. Ecarter l'être vivant de la scène ?

Par : Jean-François Ballay
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  • Nombre de pages410
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.55 kg
  • Dimensions15,0 cm × 21,0 cm × 3,6 cm
  • ISBN978-2-37769-114-2
  • EAN9782377691142
  • Date de parution30/01/2025
  • CollectionDomaine théâtre
  • ÉditeurDeuxième époque

Résumé

L'acteur est-t-il l'objet d'une nouvelle mise en cause radicale, un siècle après Maeterlinck, Jarry et Craig ? Certes, il ne s'agit plus d'écarter l'homme de la scène pour le remplacer par une marionnette idéale. Pourtant, l'apparition des acteurs artificiels - avatars, robots et autres doubles qui semblent en passe de devenir autonomes - n'est pas sans réactiver le trouble qu'éprouvait déjà Kleist au spectacle des marionnettes.
Cet essai s'intéresse avant tout au trouble qui gagne le spectateur. Quel type d'expérience provoque la disparition de l'acteur chez les participants ? Cela pourrait-il bouleverser l'art si ancien et universel du théâtre ? Trois oeuvres, qui ont fait événement à l'orée du XXIe siècle, servent ici de fil conducteur : Les Aveugles de Denis Marleau, Stifters Dinge de Heiner Goebbels, et Re : Walden de Jean-François Peyret.
Ce corpus, enrichi d'autres exemples, ne fait pas qu'interroger la fonction de l'acteur en chair et en os, il introduit la conjecture anthropologique d'une disparition de l'homme. Expression problématique s'il en est car, au-delà du phénomène factuel d'une dématérialisation possible de l'acteur, se dessinent en arrière-plan des enjeux fondamentaux : le brouillage des frontières entre vivant et artificiel, la perte du lien au monde, le déclin de l'humanisme, l'effondrement écologique.
Si l'homme devait disparaître, c'est peut-être au théâtre qu'il résisterait le plus longtemps à sa disparition. Mais la proposition peut s'inverser : n'est-ce pas là qu'il ne cesse de s'effacer avec le plus d'ostentation, jouant depuis toujours avec les oppositions apparence/réalité, apparition/disparition ? Pour explorer ces problématiques, cet essai s'intéresse aussi bien à la scénographie, à la dramaturgie, à la relation acteur spectateur et aux nouvelles machines qui transfigurent le dispositif scénique en une anamorphose visuelle, sonore, éminemment troublante, de l'être humain menacé de disparaître.

L'éditeur en parle

Pour explorer cela, l'auteur s'intéresse aussi bien à la scénographie, à la dramaturgie, à la relation entre acteur et spectateur, qu'aux passerelles renouvelées entre théâtre, cinéma et réalité virtuelle, et aux surprenantes machineries qui transfigurent le dispositif scénique en une anamorphose éminemment troublante de l'être humain d'aujourd'hui.
Jean-François Ballay est docteur ingénieur et docteur en théâtre et arts du spectacle. Il alterne des activités d'écrivain, de chercheur et de comédien. Ses travaux s'articulent autour de plusieurs disciplines, arts du spectacle, littérature, sciences humaines et techniques. Dans les années quatre-vingt, il participe à la création de la Maison de la poésie Rhône-Alpes et publie ses premiers recueils de poésie.
Il vit ensuite à Paris où il exerce un métier d'ingénieur de recherche, puis il devient expert en transmission des savoirs en milieux professionnels. En parallèle, il se forme comme comédien et intègre une compagnie de théâtre. Il enrichit sa pratique par de nombreux stages et ateliers, notamment avec l'ARTA (Association de recherche des traditions de l'acteur). En 2005, il suit un master de théâtre, puis soutient une thèse de doctorat en 2012 à l'université Paris III Sorbonne Nouvelle, prolongée par d'autres recherches qui ont mené à cet ouvrage.
Ses travaux parcourent l'histoire du théâtre, depuis les arts du masque et de la marionnette jusqu'aux nouvelles formes d'hybridation du vivant et de l'artificiel sur la scène contemporaine. Il a publié sur ces sujets dans divers ouvrages collectifs et revues.