En poursuivant la réflexion entamée dans Le Corps du pape, les articles réunis dans ce volume se concentrent sur la papauté médiévale à l'apogée de sa puissance, entre le pontificat d'Innocent III (1198-1216) et Boniface VIII (1296-1303), à partir de l'idée centrale, selon laquelle la souveraineté pontificale s'est appuyée sur un système symbolique et d'autoreprésentation visant la personne elle-même du pape, entendue dans sa double dimension, institutionnelle (persona pape) et physique.
C'est pourquoi figurent ici des études consacrées au rite pontifical de l'Eucharistie, aux baisers liturgiques entre papes et cardinaux, aux festins des papes, mais aussi aux couleurs des vêtements du pape, au cheval blanc pontifical, à la tiare aux plumes de paon et aux figures identitaires du pape construites à partir d'animaux. Le monde des métaphores est représenté par la définition du pape, affirmée par Innocent III, comme médiateur entre Dieu et les hommes (inter Deum et hominem constitutus).
L'étude du calendrier des manifestations publiques du Jubilé de 1300 ou de la tiare comme symbole de la sommité de l'Arche de Noé enrichissent l'extraordinaire autoreprésentarion de Boniface VIII. Un pape qui s'est servi même de la violence verbale et de l'émotivité comme instrument de pouvoir, souvent dans des mises en scènes qui tiennent de la théâtralité. A la cour pontificale du XIIIe siècle, la présence simultanée de nombreux médecins, une forte circulation de recettes et de traductions d'oeuvres de médecine dans les milieux de cour attestent une médicalisation de la cour inédite.
En poursuivant la réflexion entamée dans Le Corps du pape, les articles réunis dans ce volume se concentrent sur la papauté médiévale à l'apogée de sa puissance, entre le pontificat d'Innocent III (1198-1216) et Boniface VIII (1296-1303), à partir de l'idée centrale, selon laquelle la souveraineté pontificale s'est appuyée sur un système symbolique et d'autoreprésentation visant la personne elle-même du pape, entendue dans sa double dimension, institutionnelle (persona pape) et physique.
C'est pourquoi figurent ici des études consacrées au rite pontifical de l'Eucharistie, aux baisers liturgiques entre papes et cardinaux, aux festins des papes, mais aussi aux couleurs des vêtements du pape, au cheval blanc pontifical, à la tiare aux plumes de paon et aux figures identitaires du pape construites à partir d'animaux. Le monde des métaphores est représenté par la définition du pape, affirmée par Innocent III, comme médiateur entre Dieu et les hommes (inter Deum et hominem constitutus).
L'étude du calendrier des manifestations publiques du Jubilé de 1300 ou de la tiare comme symbole de la sommité de l'Arche de Noé enrichissent l'extraordinaire autoreprésentarion de Boniface VIII. Un pape qui s'est servi même de la violence verbale et de l'émotivité comme instrument de pouvoir, souvent dans des mises en scènes qui tiennent de la théâtralité. A la cour pontificale du XIIIe siècle, la présence simultanée de nombreux médecins, une forte circulation de recettes et de traductions d'oeuvres de médecine dans les milieux de cour attestent une médicalisation de la cour inédite.