Le monde sans les mots

Par : Ryuichi Tamura
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  • Nombre de pages176
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.362 kg
  • Dimensions16,6 cm × 23,5 cm × 1,4 cm
  • ISBN978-2-917504-44-4
  • EAN9782917504444
  • Date de parution20/11/2020
  • ÉditeurLa Barque
  • TraducteurKarine Marcelle Arneodo
  • PostfacierOlivier Gallon
  • PostfacierNanni Cagnone

Résumé

Cet ouvrage de Tamura Ryûichi (1923-1998), "Le monde sans les mots", se composant des 4 premiers recueils du grand poète japonais (de l'après-guerre à 1967), présente pour la première fois en France son travail. Cela sur une période suffisamment étendue pour donner au lecteur francophone la possibilité de prendre la mesure de son importance, cela parmi les poètes les plus représentatifs de la seconde moitié du XXe siècle, suite à la publication à La Barque des poèmes d'Ayukawa Nobuo écrits durant la décennie 1945-1955.
Chez Tamura Ryûichi le langage se trouve interrogé et conduit par une recherche du sens qui se trouverait en deçà du sens (ce dernier imposé par l'idéologie, notamment de l'après-guerre). Le poète s'est alors tourné vers le monde des créatures, de l'animalité, des végétaux et de la minéralité, pour tenter de rétablir une vision du monde qui ne soit pas déformée par l'arbitraire du langage. Dans l'histoire de la poésie contemporaine japonaise ce travail de mise en abîme du langage dans le texte poétique est sans précédent.
Tamura réalise ici un véritable tour de force en faisant vivre sous nos yeux un "monde sans mots" en "utilisant les mots" . Ouvrage bilingue (français - japonais).
Né en 1923 dans un quartier populaire au nord de Tôkyô, le poète japonais Tamura Ryûichi commence à écrire de la poésie autour de l'année 1935, notamment influencé par le surréalisme qui jouit à l'époque d'un grand prestige. Fin des années 1930, il se lie au mouvement d'inspiration moderniste de la revue des Nouveaux territoires (Shinryôdô) et lit, notamment, en langue originale "The Waste Land" de T.
S. Eliot. En 1943, il est enrôlé dans la flotte aérienne de la marine impériale japonaise et est envoyé dans le lointain département de Kagoshima dans le sud de l'île de Kyûshû. C'est là qu'il se livrera aux entraînements militaires sans jamais combattre et accueillera la reddition sans condition du Japon le 15 août 1945. De retour dans la métropole dévastée par les bombardements aériens, il reprend contact avec ceux de ses anciens camarades qui avaient survécu à la guerre et fait renaître de ses cendres avec Ayukawa Nobuo la revue Arechi qui deviendra le foyer d'une activité intense de création et de réflexion sur le destin de l'homme contemporain et sur les dévastations morales et matérielles portées par la Seconde Guerre Mondiale avec, en particulier au Japon, les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki.
C'est de cette époque que datent les textes les plus représentatifs de ce que l'on nomme au Japon la "poésie de l'après-guerre" (Sengoshi). Tamura publiera de nombreux essais, écrits "au fil du pinceau" (zuihitsu), traductions de l'anglais (Agatha Christie en particulier), récits de voyages (issus de ses voyages en Angleterre, Ecosse et Inde) et pas moins de 26 recueils de poésie. Tamura est considéré au Japon comme une des figures majeures de la poésie contemporaine sur laquelle il eut une influence décisive au même titre qu'Ayukawa Nobuo.
Tamura a obtenu diverses reconnaissances dont le prestigieux prix Yomiuri en 1984 et le 54ème prix de l'Académie japonaise des arts en 1998, peu de temps avant sa mort. Les oeuvres de Tamura ont déjà fait l'objet de plusieurs traductions en langue américaine.