Le livre de Handala. Les dessins de résistance de Naji al-Ali ou l'autre histoire de Palestine

Par : Naji Al-Ali
  • Nombre de pages170
  • PrésentationRelié
  • Poids0.67 kg
  • Dimensions21,5 cm × 21,5 cm × 1,5 cm
  • ISBN978-2-9534496-3-1
  • EAN9782953449631
  • Date de parution01/06/2011
  • ÉditeurScribest éditions
  • Préfacier Plantu
  • PostfacierAlain Gresh

Résumé

Ce livre présente une sélection inédite de 140 dessins du caricaturiste palestinien Naji al-Ali, créateur du personnage Handala, célébré comme un héros au sein du monde arabe et quasiment inconnu dans le monde occidental et particulièrement en France. Ce choix de dessins, qui restitue le parcours atypique d'une nature fondamentalement rebelle, nous emmène de 1964 jusqu'à 1987, année de sa disparition brutale.
Les cinq chapitres qui rythment le déroulement de l'histoire douloureuse de la Palestine rapportée par le regard acéré de Naji sont introduits avec intelligence et sensibilité par l'écrivain Mohammed al-Asaad. A travers l'actualité brûlante dont Naji al-Ali fut le témoin impitoyable, se représentant sous les traits du petit Handala qui refuse de grandir et se retrouve en spectateur désabusé de scènes souvent à la limite du soutenable, ce livre retrace l'histoire sombre de la Palestine entre exils forcés, conflits et guerres, intérêts économiques détournés, compromissions des uns et corruption des autres et qui devient une autre histoire de Palestine...
que nous vous invitons à découvrir à votre tour. L'idée de publier ce livre est le fruit de plusieurs rencontres qui ont débouché - à partir de convergences de points de vue - sur la nécessité de faire enfin connaître et reconnaître dans l'espace francophone l'œuvre très importante d'un artiste d'une grande lucidité et dont les dessins continuent de s'inscrire pleinement dans l'actualité, obligeant les acteurs de cette belle aventure éditoriale menée entre Bahreïn, Paris, Toulouse et Strasbourg à faire jouer toutes les cordes d'une grande et belle solidarité.
Au même titre que les révoltes arabes, on peut dire que LE LIVRE DE HANDALA est un enfant de l'Internet. Le document de présentation ci-joint vous permettra de vous faire une idée plus précise de ce livre. À signaler : le rôle déterminant pour l'édition présente joué par le soutien de l'association des Amis d'Al-Rowwad (www.amis-alrowwad.org), adossant LE LIVRE DE HANDALA au travail d'une troupe palestinienne venue interpréter en France durant cet été 2011 une pièce qui nous parle fort à propos de Naji al-Ali et de son personnage légendaire Handala.
Légendaire là-bas... et peut-être bientôt ici, qui sait ?
Le dessinateur Naji al-Ali est né en 1936 au village de Al-Shajara, entre les villes de Nazareth et Tibériade, en Galilée, Palestine. En 1948, année de la Naqba, sa famille, contrainte de migrer, comme la majorité du peuple palestinien, se fixe au camp de réfugiés de Aïn al-Hilwe au Liban-Sud. Il intègre alors un institut professionnel dans la ville libanaise de Tripoli. Il y obtient son diplôme en 1953 et exerce plusieurs métiers.
Durant cette période, il commence à s'exprimer en dessinant sur les sols et les murs du camp de réfugiés de Aïn al-Hilwe. Il improvisait aussi des pièces de théâtre et les présentait avec ses amis dans les cafés du camp. Ces pièces de théâtre étaient critiques, sarcastiques, sincères, et traitaient de la situation politique et sociale de la Palestine et des réfugiés. C'est à cause de cela et de sa participation aux manifestations qui avaient lieu au camp que Naji, quelques-uns de ses camarades du Mouvement des nationalistes arabes et d'autres se faisaient régulièrement arrêter par les autorités libanaises.
En 1957, il part pour Djeddah, en Arabie Saoudite, et y travaille en tant que tourneur jusqu'en 1959. Après son retour, il décide de s'orienter vers une activité qui lui permette d'assouvir ses inclinations et ses capacités artistiques. Il rejoint donc l'Académie libanaise d'art en 1960, mais il ne poursuit pas ses études à cause des harcèlements et des arrestations répétées de la part des autorités libanaises.
Cette expérience, bien que courte, l'aide à intégrer en 1961 l'école Jaafarite de Tyr, où il enseigne l'art pendant deux ans. Cette année-là, après sa visite au camp de Aïn al-Hilwe, l'écrivain Ghassan Kanafani (assassiné en 1972) publie quatre des dessins de Naji dans la revue Al-Hourriya (La Liberté). En 1963, il se rend au Koweït, où il travaille dans la revue d'opposition Al-Talya (L'Avant-Garde), puis au journal Al-Siyassa (La Politique), où naît le personnage de Handala en 1969 (voir pages 10 et 11 du livre).
Après quoi, il revient au Liban en 1974 pour travailler au journal As-Safir (L'Ambassadeur) dès sa création. Il est témoin de la guerre civile libanaise et de l'invasion israélienne en 1982. En 1979, il obtient le premier prix de l'Association des caricaturistes arabes pour son dessin (voir page 40 du livre) et en est élu secrétaire général. Il obtient également le premier prix ex æquo en 1980. En 1983, il revient au Koweït, où il travaille jusqu'en 1985 au journal Al Qabas, d'où il est expulsé sous la pression de Yasser Arafat.
Il choisit d'aller à Londres, où il travaille pour Al-Qabas International, après s'être rendu compte qu'aucun pays arabe ne l'accueillerait ou lui offrirait un espace pour dessiner librement. Le 22 juillet 1987, il est la cible de tirs lorsqu'il se rend dans les locaux du journal, au centre de Londres, et il décède cinq semaines plus tard, le 29 août 1987. Il fut inhumé sur place. Jusqu'à ce jour, on n'a pas identifié l'assassin ou l'organisation qui se cache derrière lui.
En 1988, l'Union Internationale des éditeurs de journaux (FIEJ) lui a décerné le prix du Crayon d'or de la liberté. Ce fut la première fois que l'Union décerna ce prix à un Arabe ou à un caricaturiste, et la deuxième fois qu'elle le décerna à un journaliste après sa mort.