Simone Goyard-Fabre est professeur émérite des Universités. Agrégée de philosophie, docteur ès lettres, elle a consacré sa carrière à l'enseignement et à la recherche en philosophie du droit, discipline à laquelle elle a dédié de nombreux articles et ouvrages. Parmi ceux-ci, retenons notamment Re-penser la pensée du droit (Vrin, 2007), La textualité du droit (Cerf, 2012) et La normativité du droit (Edilivre, 2015) que vient compléter cet essai de topique.
Le droit, une philosophie de l'intervalle
Par :Formats :
- Paiement en ligne :
- Livraison à domicile ou en point Mondial Relay estimée à partir du 25 septembreCet article sera commandé chez un fournisseur et vous sera envoyé 25 jours après la date de votre commande.
- Retrait Click and Collect en magasin gratuit
- Nombre de pages310
- FormatGrand Format
- PrésentationBroché
- Poids0.43 kg
- Dimensions15,0 cm × 21,0 cm × 2,1 cm
- ISBN978-2-35979-131-0
- EAN9782359791310
- Date de parution01/04/2017
- ÉditeurApopsix
Résumé
Nous naissons, vivons et mourons dans un monde dont, presque partout, le droit s'est emparé : de notre acte de naissance à notre acte de décès, une panoplie de lois, de codes et de règlements organise nos situations et dirige nos actions. Pourtant, quelle que soit l'ubiquité des démarches juridiques, la spécificité de l'univers du droit, nonobstant des tentatives pluriséculaires, est philosophiquement difficile à cerner.
Le philosophe, en interrogeant le travail du droit et en disséquant la logique de ses opérations, discerne aujourd'hui en lui, plutôt que le vieux dualisme métaphysique du ciel et de la terre, l'omniprésence de paramètres nouveaux : celui de la relation et, plus précisément, lorsqu'il affine son regard réflexif-critique, celui de la médiation. Sous un transcendantal rénové, la communication et le dialogue donnent au droit, loin de la rigueur d'antan enclose dans la dura lex, sa vie et son âme.
Ainsi se dessinent les contours de la planète juridique. Elle est le lieu d'excellence d'une philosophie de l'intervalle. Ce topos spécifique n'a plus rien du hiatus séparateur dont la vacuité signifiait naguère encore, selon un dualisme réputé inamissible, le caractère irréconciliable des deux pôles extrêmes du Sein et du Sollen. Selon un schéma ternaire, il est un tertium quid où, en un noeud spécifique qu'il est malaisé de dénouer, s'entrecroisent et s'articulent la factualité et la normativité.
Ce lieu forme un "tiers ordre" dans lequel l'activité juridique élabore et cisèle, par le truchement du raisonnement et de la parole - comme l'art par les formes et les couleurs - une "monnaie de l'absolu". Par un échange dialogique toujours recommencé et rectifié, le droit cherche, dans le mouvement triadique qui, de l'occasio juris, s'élève aux questions posées devant l'horizon transcendantal du "juste", à arracher les hommes à la conflictualité et à la finitude de leur condition.
Le philosophe, en interrogeant le travail du droit et en disséquant la logique de ses opérations, discerne aujourd'hui en lui, plutôt que le vieux dualisme métaphysique du ciel et de la terre, l'omniprésence de paramètres nouveaux : celui de la relation et, plus précisément, lorsqu'il affine son regard réflexif-critique, celui de la médiation. Sous un transcendantal rénové, la communication et le dialogue donnent au droit, loin de la rigueur d'antan enclose dans la dura lex, sa vie et son âme.
Ainsi se dessinent les contours de la planète juridique. Elle est le lieu d'excellence d'une philosophie de l'intervalle. Ce topos spécifique n'a plus rien du hiatus séparateur dont la vacuité signifiait naguère encore, selon un dualisme réputé inamissible, le caractère irréconciliable des deux pôles extrêmes du Sein et du Sollen. Selon un schéma ternaire, il est un tertium quid où, en un noeud spécifique qu'il est malaisé de dénouer, s'entrecroisent et s'articulent la factualité et la normativité.
Ce lieu forme un "tiers ordre" dans lequel l'activité juridique élabore et cisèle, par le truchement du raisonnement et de la parole - comme l'art par les formes et les couleurs - une "monnaie de l'absolu". Par un échange dialogique toujours recommencé et rectifié, le droit cherche, dans le mouvement triadique qui, de l'occasio juris, s'élève aux questions posées devant l'horizon transcendantal du "juste", à arracher les hommes à la conflictualité et à la finitude de leur condition.





