Coulisses d'un tribunal d'Eglise au Moyen Age Vers la fin du Moyen Age, dans une Italie mouchetée de pouvoirs urbains gouvernant l'ensemble de la vie sociale, l'Eglise continue de jouer un rôle majeur dans l'encadrement spirituel des fidèles, mais aussi de juger les affaires relatives au clergé et au mariage des laïcs. De cette intense activité judiciaire, un témoignage exceptionnel a été conservé.
Datant de la fin du XIIIe siècle, il contient l'enregistrement notarié de quatre-vingt-dix procès présidés par l'évêque de Pistoia ou son représentant. Cette archive permet de mieux comprendre le fonctionnement d'un tribunal ecclésiastique à la fin du Moyen Age et d'interroger la place qu'occupe le droit dans le gouvernement de l'Eglise. Elle montre en outre que, dans un monde en mutation où le féodalisme s'efface et où s'invente une part de la modernité politique, l'Eglise reste ancrée dans le tissu social des villes au prix de fréquents conflits.
En s'appuyant sur la "renommée" des individus (fama) pour en faire un mode de connaissance privilégié des faits qu'elle juge, l'Eglise se donne les moyens de sonder les communautés d'habitants, d'en maîtriser les remous et, au fond, de déterminer qui appartient au corps social et qui doit en être exclu. Enfin, au miroir de ces procès, ce sont aussi les stratégies judiciaires des individus ou des groupes sociaux qui se révèlent, qu'il s'agisse du village accusant son prêtre de fornication, des habitants de la cité confrontés aux usuriers publics, ou de la famille d'une épouse désireuse de divorcer d'un mari violent.
Coulisses d'un tribunal d'Eglise au Moyen Age Vers la fin du Moyen Age, dans une Italie mouchetée de pouvoirs urbains gouvernant l'ensemble de la vie sociale, l'Eglise continue de jouer un rôle majeur dans l'encadrement spirituel des fidèles, mais aussi de juger les affaires relatives au clergé et au mariage des laïcs. De cette intense activité judiciaire, un témoignage exceptionnel a été conservé.
Datant de la fin du XIIIe siècle, il contient l'enregistrement notarié de quatre-vingt-dix procès présidés par l'évêque de Pistoia ou son représentant. Cette archive permet de mieux comprendre le fonctionnement d'un tribunal ecclésiastique à la fin du Moyen Age et d'interroger la place qu'occupe le droit dans le gouvernement de l'Eglise. Elle montre en outre que, dans un monde en mutation où le féodalisme s'efface et où s'invente une part de la modernité politique, l'Eglise reste ancrée dans le tissu social des villes au prix de fréquents conflits.
En s'appuyant sur la "renommée" des individus (fama) pour en faire un mode de connaissance privilégié des faits qu'elle juge, l'Eglise se donne les moyens de sonder les communautés d'habitants, d'en maîtriser les remous et, au fond, de déterminer qui appartient au corps social et qui doit en être exclu. Enfin, au miroir de ces procès, ce sont aussi les stratégies judiciaires des individus ou des groupes sociaux qui se révèlent, qu'il s'agisse du village accusant son prêtre de fornication, des habitants de la cité confrontés aux usuriers publics, ou de la famille d'une épouse désireuse de divorcer d'un mari violent.