La prison politique en France. Genèse d'un monde d'incarcération spécifique XVIIIe-XXe siècles

Par : Jean-Claude Vimont
  • Nombre de pages504
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.8 kg
  • Dimensions15,5 cm × 24,0 cm × 3,5 cm
  • ISBN2-7178-2405-7
  • EAN9782717824056
  • Date de parution01/01/1993
  • CollectionHistoriques
  • ÉditeurAnthropos

Résumé

Des grèves de la faim, des pétitions, parfois même des attentats revendiquent un statut de détenu politique pour des militants incarcérés. Les campagnes d'Amnesty International s'efforcent de préserver les prisonniers politiques de traitements inhumains mais s'abstiennent de réclamer un régime d'incarcération spécifique que le droit international n'a pas défini. En France, une tradition libérale distingue les prisonniers politiques des détenus de droit commun.
Elle subsiste dans l'opinion lorsque le droit et la loi refusent aux premiers l'octroi de ce titre. Pour comprendre ce paradoxe, il convient d'analyser la lente genèse d'un régime propre à la détention pour infraction politique et de l'inscrire dans le champ de la récente histoire pénale. Car il s'agit d'une histoire de frontières dont les tracés fluctuent au gré des conjonctures politiques. En confrontant l'histoire du droit, de la législation et de la réglementation aux pratiques carcérales et aux combats des victimes du maintien de l'ordre, les contours d'espaces spécifiques - prisons puis quartiers politiques - et les principaux traits de modes d'incarcération distincts - privilégiés puis symboliques d'une reconnaissance - apparaissent progressivement.
Magistrats et législateurs, journalistes et militants contribuèrent au lent processus d'humanisation et de démocratisation des conditions de détention. Destinés dans un premier temps à des notables, les régimes politiques d'incarcération furent accordés, à partir de la Monarchie de Juillet, à des "gens de peu". Cependant, la peur sociale provoqua, à plusieurs reprises, la remise en cause des acquis fragiles du régime spécial d'emprisonnement auquel on préféra substituer les déportations Outre-mer.
A l'aube du XXème siècle, le régime de détention spécifique était fixé dans ses grandes lignes mais le délit politique n'était pas juridiquement établi. Le régime d'exécution des peines servit alors de définisseur des désordres tolérables.
Jean-Claude Vimont est maître de conférences d'histoire contemporaine. Il enseigne à l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres et à l'Université de Rouen.