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La première défaite

Par : Santiago H. Amigorena
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  • Nombre de pages632
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.615 kg
  • Dimensions14,0 cm × 20,5 cm × 4,0 cm
  • ISBN978-2-8180-1664-0
  • EAN9782818016640
  • Date de parution22/08/2012
  • ÉditeurP.O.L

Résumé

"Après que Philippine a décidé de la fin de notre amour, ai aimé Philippine pendant quatre ans. Pendant quatre ans, j'ai consacré chaque heure du jour et chaque heure de la nuit à une seule et unique activité : l'aimer - l'aimer sans qu'elle fût à mes côtés. Je l'ai aimée enfermé dans la solitude de mon studio de l'île Saint-Louis. Je l'ai aimée enfermé dans la nuit des quais de l'île Saint-Louis.
Je l'ai aimée enfermé dans la mémoire et dans la folie. Je l'ai aimée éveillé. Je l'ai aimée endormi. Je l'ai aimée en rêve. Je l'ai aimée au crépuscule du jour. Je l'ai aimée au crépuscule de la nuit. Je l'ai aimée tant que j'ai pu. Je l'ai aimée au-delà de ce qu'elle pouvait. Je l'ai aimée en la suivant dans la rue, ombre de son ombre, pas de ses pas. Je l'ai aimée à distance, respectueuse et irrespectueuse.
Je l'ai aimée pour survivre. Je l'ai aimée à en mourir. Je l'ai aimée dans un temps sans temps, dans un temps où seule l'écriture égrenait des instants qui, wagons furtifs d'un train disloqué, ne parvenaient plus à s'accrocher les uns aux autres. J'ai aimé le souvenir de son sourire, le souvenir de son parfum, le souvenir de son souvenir. J'ai aimé l'absence de ses lèvres - et de ses lèvres. J'ai aimé sa peau comme un écorché vif.
J'ai aimé son regard d'havane comme cet aveugle qui cherche à être roi chez les borgnes. J'ai aimé sa beauté à m'en rendre laid. J'ai aimé sa différence jusqu'à ne plus savoir qui j'étais. Ne voulant plus me souvenir, je l'ai aimée absolument, obsédé par le moindre souvenir d'elle." C'est bien sûr de la Philippine de "Le Premier amour" qu'il s'agit ici et des tourments endurés par le narrateur, "l'auguste crapaud graphomane" tel que Santiago Amigorena se définit lui-même, après la fin de ce premier amour.
Ainsi pendant quatre ans va-t-il traîner son accablement et sa mélancolie , les imposant à ses amis, à ses proches, jusqu'à la délivrance, enfin, à la libération. On a été rarement si loin dans l'analyse du désespoir amoureux, et dans son évolution progressive vers la délivrance. Même en s'y appuyant pour commencer, cela va bien au-delà de l'analyse psychologique gràce à un très étonnant lyrisme introspectif qui ne cesse d'ouvrir de nouveaux territoires à l'investigation inquiète du narrateur.
Et aussi gràce à un humour dont Santiago Amigorena est la première cible consentante, un humour ravageur, joyeusement dépressif et, pour tout dire, irrésistible. Et bien sûr il va aussi se passer beaucoup de choses pendant ces années soutenues par la basse continue d'une irrépressible tristesse. Notre héros, par exemple va retourner en Uruguay et en Argentine pour la première fois depuis l'exil forcé en France, à la rencontre de ses souvenirs d'enfance et de ses amis d'autrefois, puis en Grèce et en Italie, il va croiser beaucoup de jeunes femmes, écrire et se relire, et se citer, boire et danser.

Avis des lecteurs
Commentaires laissés par nos lecteurs

2/5
sur 3 notes dont 2 avis lecteurs
“ Puant de suffisance et abscons ”
"La première défaite" de Santiago H. Amigorena est ma première déception de cette rentrée littéraire. Encore que... Pour qu'il y ait déception il faut qu'il y ait attente et, ne connaissant pas cet auteur, je n'en attendais rien. Disons alors que "La première défaite" est mon premier prozac de cette rentrée littéraire. Prozac, Xanax ou somnifère m'auraient fait physiquement autant d'effets que cette lecture. D'abord déconcertée par les premières pages (que la maison d'édition P.O.L met d'ailleurs à disposition sur le net pour que vous puissiez vous faire votre propre avis), puis rapidement agacée par le style pompeux et autofellationesque de l'auteur, j'ai rapidement sombré dans l'aphasie et j'ai craint pour ma santé. Je n'ai pas pour habitude d'abandonner mes lectures. Cela m'arrive de ne pas être emballée mais je me dis toujours qu'une lueur est possible au bout du tunnel et je continue vaille que vaille. Ici, dans ce roman de plus de 600 pages, je me suis fixée le cap du tiers du roman avant de prendre ma décision. C'est alors que j'ai compté les pages et que je me suis farcie environ 200 pages de "moi, je" de "oh je souffre" et de "je suis Ecrivain avec un grand E et je le montre". C'est cet aspect là qui m'a rebutée dans ce roman, cette facilité qu'à Santiago H. Amigorena de se regarder écrire comme d'autres s'écoutent parler. L'écriture est absconse, l'auteur/narrateur, écrivain en herbe, est égocentrique et puant de suffisance, l'étalage de références lettrées (Proust, Dante...) est indigeste et ce matraquage de souffrance morale que subit le personnage principal dépressif finit par nous endormir. Ca tourne en rond, ça tourne en rond, ça tourne en rond... "Je souffre, je souffre, je souffre"... Mon dieu quel ennuie! Et que dire de ce jeune héros, étudiant, qui habite l'île Saint-Louis à Paris (où le moindre studio est à 1500€/mois) et se paye le luxe de ne plus aller à la fac parce qu'il souffre et reste prostré dans son appartement de longs mois? Papa et maman doivent avoir une belle situation pour lui permettre de se regarder le nombril ainsi... Je pense que certains diront qu'ils aiment ce roman. Ca fera bien d'aimer ce roman. Il trouvera son public: des lecteurs au dessus de la masse populaire pour un auteur qui ne se prend pas pour une déjection. Je ne suis qu'une lectrice lambda et j'ose le dire: je n'ai trouvé aucun intérêt à ce roman et si d'aventure j'avais besoin de dormir, je préfèrerais regarder "Chasse et pêche". C'est dire...
  • Paris
  • Crispant
  • Ennuyant
“ Une bien longue défaite. ”
Ce roman (?) qui a des airs d'autobiographie, essaie de nous faire partager ce sentiment si romantique de la perte de son premier amour et du vide qu'il suscite. Le narrateur (l'auteur ?), écrivain prolixe s'il en est, convoque en plus de ses propres textes écrits il y a trente ans, convoque le gratin de la littérature ( Proust, Dante, Rilke, Musil, ...) et ne nous épargne aucun détail de cet état qui ressemble ici à une dépression. Sans Prozac (mais avec un peu de cocaïne), tout est minutieusement décrit, jusqu'au vertige et ... jusqu'à l'ennui du lecteur. Assez égocentré, un peu poseur, le héros (?!!!) finit par nous assommer à force de couper les cheveux en quatre et de se présenter en grand amoureux inconsolable. L'étude du sentiment de vide, d'absence, du souvenir sous toutes ses facettes m'est apparue au final répétitive et agaçante. Cependant la lecture de "La première défaite" reste une expérience intéressante d'autofiction littéraire même si elle semble s'adresser à quelques happy fews intellos. Pour le lecteur lambda que je suis, l'étonnement précède l'incompréhension devant un objet littéraire qui aurait mérité quelques coupes. J'y ai cependant trouvé un catalogue inépuisable de belles phrases sur l'amour et heureusement de très jolis paragraphes dès que l'auteur sort un peu de son mal être. Vous pouvez lire mon journal de lecture de ce roman sur mon blog : sansconnivence

L'éditeur en parle

"Ces quelques pages racontent l'histoire d'un jeune homme qui comprend, lentement, qu'après avoir aimé une première fois, après avoir une première fois souffert de n'être plus aimé, pour être heureux il doit réussir à savourer la douleur et le bonheur en même temps, à chaque pas".
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