Sergio Quinzio (1927-1996) naquit à Alassio, dans la province de Savone, en Ligurie - terre lumi-neuse du Nord de l'Italie qui eut toujours les faveurs de sa mémoire. Son père, Tito Vezio, chef de la poli-ce municipale de la ville, n'était pas un catholique pratiquant ; sa mère, Giovanna Ariolfo, en revanche, était pénétrée d'un catholicisme traditionnel, fervent et austère. Mais c'est surtout la figure de son frère aîné, Patrizio Flavio, qui marqua profondément sa vie spirituelle et intellectuelle.
C'est à lui que Sergio adresse-ra de nombreuses lettres, lesquelles formeront plus tard le recueil intitulé Diario profetico (Milan, 1958) - son premier livre publié, déjà traversé par une tonalité apocalyptique et méditative. De 1935 à 1945, il fut élève des Salésiens d'Alassio, à l'Institut Don Bosco. En 1944, à dix-sept ans à peine, il fut réquisitionné par les autorités d'occupation allemandes pour servir à la morgue, où il devait recueillir les dépouilles des victimes des bombardements : expérience précoce du mal et de la déréliction humaine, dont la marque ne s'effacera plus.
Il entreprit par la suite des études d'ingénierie, puis de philo-sophie, sans toutefois les achever. En 1949, il entra à l'Académie de la Garde des Finances italienne. L'unique influence intellectuelle notable de cette période fut celle de Fernando Tartaglia, futur prêtre ex-communié, dont l'empreinte sur la pensée du jeune Quinzio demeura discrète mais durable. Entre 1960 et 1968, Quinzio collabora activement à la revue Tempo presente, dirigée par Ignazio Silone et Nicola Chiaromonte - publication majeure du libéralisme critique italien de l'après-guerre.
Il travailla ensuite avec Bobi Bazlen pour les Editions Adelphi, où parut, en 1967, son premier ouvrage : Il cristianesimo dell'inizio e della fine (Le christianisme du commencement et de la fin), méditation inaugurale sur la tension eschatologique du message évangélique. En 1963, Quinzio épousa Stefania Barbareschi (née en 1939), qui devait mourir tragiquement d'un cancer en février 1970. Le récit de cette agonie déchirante, intitulé L'Incoronazione, fut d'abord publié à titre privé en 1971.
Pour Quinzio, la mort de Stefania fut plus qu'une perte : elle constitua le "manquement de l'avènement du Royaume de Dieu" , la catastrophe absolue de son existence - une foi détruite, lacérée, mais toujours en tension vers l'inaccessible. De leur union naquit une fille, Pia, en 1966. Ses monumentaux Commentaires de la Bible, publiés entre 1972 et 1976, consacrèrent sa réputation d'exégète visionnaire, à la fois rigoureux et mystique.
Au cours de ces années, Quinzio se retira dans les Marches, à Isola del Piano, où il mena une vie d'étude et de méditation. C'est là qu'il fit la con-naissance d'Anna Giannatiempo, qu'il épousa à Rome en 1976. Dans la chronologie de son oeuvre, La sconfitta di Dio (La Défaite de Dieu, 1992) appartient à la toute fin de sa vie. Sergio Quinzio s'éteignit à Rome le 22 mars 1996, laissant derrière lui une oeuvre d'une intensité unique dont témoigne cet ouvrage - où la foi, mise à nu par la douleur et l'attente, devient prière désespérée pour un Dieu encore à venir.
C'est à lui que Sergio adresse-ra de nombreuses lettres, lesquelles formeront plus tard le recueil intitulé Diario profetico (Milan, 1958) - son premier livre publié, déjà traversé par une tonalité apocalyptique et méditative. De 1935 à 1945, il fut élève des Salésiens d'Alassio, à l'Institut Don Bosco. En 1944, à dix-sept ans à peine, il fut réquisitionné par les autorités d'occupation allemandes pour servir à la morgue, où il devait recueillir les dépouilles des victimes des bombardements : expérience précoce du mal et de la déréliction humaine, dont la marque ne s'effacera plus.
Il entreprit par la suite des études d'ingénierie, puis de philo-sophie, sans toutefois les achever. En 1949, il entra à l'Académie de la Garde des Finances italienne. L'unique influence intellectuelle notable de cette période fut celle de Fernando Tartaglia, futur prêtre ex-communié, dont l'empreinte sur la pensée du jeune Quinzio demeura discrète mais durable. Entre 1960 et 1968, Quinzio collabora activement à la revue Tempo presente, dirigée par Ignazio Silone et Nicola Chiaromonte - publication majeure du libéralisme critique italien de l'après-guerre.
Il travailla ensuite avec Bobi Bazlen pour les Editions Adelphi, où parut, en 1967, son premier ouvrage : Il cristianesimo dell'inizio e della fine (Le christianisme du commencement et de la fin), méditation inaugurale sur la tension eschatologique du message évangélique. En 1963, Quinzio épousa Stefania Barbareschi (née en 1939), qui devait mourir tragiquement d'un cancer en février 1970. Le récit de cette agonie déchirante, intitulé L'Incoronazione, fut d'abord publié à titre privé en 1971.
Pour Quinzio, la mort de Stefania fut plus qu'une perte : elle constitua le "manquement de l'avènement du Royaume de Dieu" , la catastrophe absolue de son existence - une foi détruite, lacérée, mais toujours en tension vers l'inaccessible. De leur union naquit une fille, Pia, en 1966. Ses monumentaux Commentaires de la Bible, publiés entre 1972 et 1976, consacrèrent sa réputation d'exégète visionnaire, à la fois rigoureux et mystique.
Au cours de ces années, Quinzio se retira dans les Marches, à Isola del Piano, où il mena une vie d'étude et de méditation. C'est là qu'il fit la con-naissance d'Anna Giannatiempo, qu'il épousa à Rome en 1976. Dans la chronologie de son oeuvre, La sconfitta di Dio (La Défaite de Dieu, 1992) appartient à la toute fin de sa vie. Sergio Quinzio s'éteignit à Rome le 22 mars 1996, laissant derrière lui une oeuvre d'une intensité unique dont témoigne cet ouvrage - où la foi, mise à nu par la douleur et l'attente, devient prière désespérée pour un Dieu encore à venir.

