Riche de vingt volumes publiés de 1923 à 1975, estimée par le grand public, l'oeuvre de Joseph Kessel a été longtemps négligée, sinon dépréciée par la critique universitaire. Cet essai, qui s'interroge sur les causes de cette éclipse, vise surtout à introduire le lecteur au coeur de l'univers kesselien, à mieux situer cet écrivain dans notre paysage littéraire. Il définit les sources génératrices de cette oeuvre, comme les foyers autour desquels elle s'organise, et saisit l'importance de la notion de démesure qui tient aussi bien à la personnalité profonde de l'écrivain qu'à la nature de ses textes.
Marquant de son empreinte tous les aspects de la production romanesque, la démesure modèle aussi bien la représentation des héros que les configurations fantasmatiques ou les techniques d'écriture. Ce parcours critique épouse une progression conduisant à une intelligence croissante du processus de création. Il s'ouvre sur l'exploration de la dimension référentielle du roman, analyse ensuite la construction et le système des personnages, les modalités de la recherche du bonheur.
Il éclaire enfin la poétique de Kessel, c'est-à-dire les principes et les choix esthétiques, les techniques mises en oeuvre pour dépayser, captiver et émouvoir. De cette oeuvre inégale en raison de la récurrence des motifs mélodramatiques et des stéréotypes se détachent notamment Le Tour du malheur, tout imprégné de la frénésie des Années Folles, et, dans un astre registre, Fortune carrée et Les Cavaliers qui font de Kessel l'un des maîtres du roman d'aventures français.
Riche de vingt volumes publiés de 1923 à 1975, estimée par le grand public, l'oeuvre de Joseph Kessel a été longtemps négligée, sinon dépréciée par la critique universitaire. Cet essai, qui s'interroge sur les causes de cette éclipse, vise surtout à introduire le lecteur au coeur de l'univers kesselien, à mieux situer cet écrivain dans notre paysage littéraire. Il définit les sources génératrices de cette oeuvre, comme les foyers autour desquels elle s'organise, et saisit l'importance de la notion de démesure qui tient aussi bien à la personnalité profonde de l'écrivain qu'à la nature de ses textes.
Marquant de son empreinte tous les aspects de la production romanesque, la démesure modèle aussi bien la représentation des héros que les configurations fantasmatiques ou les techniques d'écriture. Ce parcours critique épouse une progression conduisant à une intelligence croissante du processus de création. Il s'ouvre sur l'exploration de la dimension référentielle du roman, analyse ensuite la construction et le système des personnages, les modalités de la recherche du bonheur.
Il éclaire enfin la poétique de Kessel, c'est-à-dire les principes et les choix esthétiques, les techniques mises en oeuvre pour dépayser, captiver et émouvoir. De cette oeuvre inégale en raison de la récurrence des motifs mélodramatiques et des stéréotypes se détachent notamment Le Tour du malheur, tout imprégné de la frénésie des Années Folles, et, dans un astre registre, Fortune carrée et Les Cavaliers qui font de Kessel l'un des maîtres du roman d'aventures français.