Mickaël Orantin, doctorant en anthropologie à l'IHEAL-CREDA sous la direction de Capucine Boidin et Denis Merklen, est spécialiste du travail dans les missions jésuites du Paraguay (me-me siècles). Afin de traduire les sources coloniales écrites en guarani, il commence à apprendre cette langue indigène à l'Inalco en suivant le cours de Capucine Boidin et Elodie Blestel, puis effectue un terrain de 6 mois au Paraguay dans la communauté Mbya de Kokuere Guasu, où il étudie également les mutations du travail, cette fois durant la période contemporaine.
La cloche, le rabot et la houe. Fragments d'un quotidien du travail dans les missions jésuites du Paraguay (1714 ?)
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- Nombre de pages238
- FormatGrand Format
- PrésentationBroché
- Poids0.376 kg
- Dimensions16,0 cm × 24,0 cm × 1,2 cm
- ISBN978-2-85831-352-5
- EAN9782858313525
- Date de parution17/09/2020
- CollectionAmérique(s)
- ÉditeurPresses de l'Inalco
Résumé
Okoga apoyo ava reko ramoguaràma. Rédigés il y a trois cents ans, à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Buenos Aires, ces quelques mots guaranis prétendent instruire le lecteur sur "le comportement que les hommes doivent adopter lors du travail des champs". Surmontant l'un des quatre vingt huit chapitres d'un catéchisme de travail récemment découvert et produit au début du XVIIIe siècle dans les missions jésuites du Paraguay, ils illustrent les problèmes engendrés par la rencontre entre les Guaranis et les missionnaires Indiens venus pour les évangéliser.
Souvent décrites par leurs contemporains, des missionnaires eux-mêmes aux philosophes des lumières, comme une utopie réalisée dans laquelle le travail était aussi bien ordonné que lave religieuse, e, les missions étaient en effet le siège d'une production agricole et artisanale intense. Plus de cent mille Indiens y cultivaient le blé ou le coton, pratiquaient l'élevage, édifiaient de grandes églises et fabriquaient outils, statues, instruments de musiques et même lunettes astronomiques.
Cependant, les pratiques et représentations du travail indiennes et européennes, radicalement différentes, provoquaient nombre de conflits illustrés par les chroniques missionnaires,qui jugeaient les Guaranis comme des êtres paresseux et dotés de peu d'intelligence. La cloche, le rabot et la houe, en s'appuyant sur la traduction inédite de plusieurs chapitres du Manuscrit de Luján et en mêlant reconstitution historique fictionnelle et analyse des pratiques et relations sociales au travail, prétend à la fois déconstruire ces préjugés et montrer comment la collaboration, mais aussi les oppositions entre Indiens et Jésuites accouchent de la co-construction de cet espace singulier, objet de tous les fantasmes jusqu'à aujourd'hui, en Amérique comme en Europe.
Souvent décrites par leurs contemporains, des missionnaires eux-mêmes aux philosophes des lumières, comme une utopie réalisée dans laquelle le travail était aussi bien ordonné que lave religieuse, e, les missions étaient en effet le siège d'une production agricole et artisanale intense. Plus de cent mille Indiens y cultivaient le blé ou le coton, pratiquaient l'élevage, édifiaient de grandes églises et fabriquaient outils, statues, instruments de musiques et même lunettes astronomiques.
Cependant, les pratiques et représentations du travail indiennes et européennes, radicalement différentes, provoquaient nombre de conflits illustrés par les chroniques missionnaires,qui jugeaient les Guaranis comme des êtres paresseux et dotés de peu d'intelligence. La cloche, le rabot et la houe, en s'appuyant sur la traduction inédite de plusieurs chapitres du Manuscrit de Luján et en mêlant reconstitution historique fictionnelle et analyse des pratiques et relations sociales au travail, prétend à la fois déconstruire ces préjugés et montrer comment la collaboration, mais aussi les oppositions entre Indiens et Jésuites accouchent de la co-construction de cet espace singulier, objet de tous les fantasmes jusqu'à aujourd'hui, en Amérique comme en Europe.
L'éditeur en parle
Au début du XVIIIe siècle, les missions jésuites du Paraguay, fondées cent ans plus tôt et peuplées par plus d'une centaine de milliers de Guaranis, entrent dans leur âge d'or. A travers la traduction et la publication inédite d'un manuscrit monolingue Guarani produit dans l'une de ces missions, le présent ouvrage cherche à recomposer une journée ordinaire de travail au champ ou dans les ateliers d'artisanat, mais aussi à reconstituer les pratiques, les représentations et les relations socio-politiques qui résultent de la rencontre entre Guaranis et jésuites.



