Romancier et journaliste né en 1904 à Paris. Henri Calet exerça divers petits métiers avant de publier, pour la première fois, en 1935. Nombreux voyages, mais parisien de coeur. Mort en 1956 à Vence.
La belle Lurette
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- Nombre de pages182
- FormatPoche
- PrésentationBroché
- Poids0.215 kg
- Dimensions12,6 cm × 19,0 cm × 0,9 cm
- ISBN2-07-029923-6
- EAN9782070299232
- Date de parution01/06/1979
- CollectionL'Imaginaire
- ÉditeurGallimard
Résumé
"Voici un livre où se découvre à l'évidence ce qui fait de son auteur non seulement l'égal de Charles-Louis Philippe ou d'Eugène Dabit, par exemple, mais plus encore, je crois : par son humour laconique et glacé, l'acuité de sa vision, l'impudence dont à chaque coin de rues de sa prose il fait preuve en pratiquant avec cynisme les tours de bonneteau du langage, un artiste, mieux qu'aucun autre capable d'atteindre à vif le lecteur d'aujourd'hui.
Autre chose, plutôt "poétique" disons celle-ci, où s'illuminent brusquement les signes d'un bien étrange savoir : dans ce premier roman, pour une bonne part autobiographique (tous ceux qui lui succédèrent l'attestent), le narrateur, avec plus de vingt ans sur sa mort d'avance, se dit né, quelque 30 ans auparavant, un 14 juillet. Or, d'une longue maladie cardiaque, Henri Calet est effectivement mort à Vence, le 14 juillet 1956.
Et voici, extraites de ce qu'alors, en une seule longue nuit, à mon tour, pour un grand journal du matin, je dus écrire, quelques lignes, où je ne trouve rien, après 23 ans, que je ne puisse, avec le même étranglement d'émotion, resigner : "Pour faire comme tout le monde, Calet sucrait son café. Rien qu'une tasse de café. Brève. Possible. Mais qui fait battre le coeur et ouvre les yeux, beaucoup trop bien.
Il est mort de ce café, d'une qualité incomparable. Il avait la pâleur de Raymond-la-Science, celle aussi de Buster Keaton. Il savait où il allait. Où nous allons. Sans réaction. Aboulique. Debout néanmoins. Tout cela en bon français. Sobre. Correct. Possible". Bien plus encore que de Céline ou de Chaplin (comme on l'a dit), ah ! Bien plus proche, c'est sûr, de Fénéon ou de Satie. Salut, lecteur ! Ouvre ce livre, et bientôt saluons ensemble, les yeux dans les yeux, cet affranchi".
Francis Ponge.
Autre chose, plutôt "poétique" disons celle-ci, où s'illuminent brusquement les signes d'un bien étrange savoir : dans ce premier roman, pour une bonne part autobiographique (tous ceux qui lui succédèrent l'attestent), le narrateur, avec plus de vingt ans sur sa mort d'avance, se dit né, quelque 30 ans auparavant, un 14 juillet. Or, d'une longue maladie cardiaque, Henri Calet est effectivement mort à Vence, le 14 juillet 1956.
Et voici, extraites de ce qu'alors, en une seule longue nuit, à mon tour, pour un grand journal du matin, je dus écrire, quelques lignes, où je ne trouve rien, après 23 ans, que je ne puisse, avec le même étranglement d'émotion, resigner : "Pour faire comme tout le monde, Calet sucrait son café. Rien qu'une tasse de café. Brève. Possible. Mais qui fait battre le coeur et ouvre les yeux, beaucoup trop bien.
Il est mort de ce café, d'une qualité incomparable. Il avait la pâleur de Raymond-la-Science, celle aussi de Buster Keaton. Il savait où il allait. Où nous allons. Sans réaction. Aboulique. Debout néanmoins. Tout cela en bon français. Sobre. Correct. Possible". Bien plus encore que de Céline ou de Chaplin (comme on l'a dit), ah ! Bien plus proche, c'est sûr, de Fénéon ou de Satie. Salut, lecteur ! Ouvre ce livre, et bientôt saluons ensemble, les yeux dans les yeux, cet affranchi".
Francis Ponge.














