Christian Jambet, directeur d'études émérite à l'Ecole pratique des hautes études, a consacré une quinzaine de livres et un grand nombre d'articles à la philosophie et à la poésie en terre d'islam. Il est notamment l'auteur de Le gouvernement divin. Islam et conception politique du monde (CNRS Editions, 2016). Il a été reçu à l'Académie française en 2024, succédant à Marc Fumaroli au fauteuil 6.
L'ordre de l'être. Providence et platonisme dans la philosophie iranienne
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- Nombre de pages400
- FormatGrand Format
- PrésentationBroché
- Poids0.578 kg
- Dimensions15,2 cm × 23,2 cm × 3,0 cm
- ISBN978-2-271-14708-0
- EAN9782271147080
- Date de parution23/10/2025
- ÉditeurCNRS
Résumé
L'ordre de l'être Providence et platonisme dans la philosophie iranienne Loin d'examiner seulement des problèmes de logique, d'éthique et de politique, la philosophie islamique a pour fin une religion philosophique, distincte des aspects exotériques et juridiques qui dominent l'essentiel de la pensée musulmane. Les philosophes, en particulier Mîr Dâmâd et Mullâ Sadrâ, ont l'ambition de concurrencer les théologiens en recherchant la juste définition de la divinité et celle de la souveraineté.
Pour chacun d'eux, l'univers est soumis au gouvernement et à l'administration de multiples hiérarchies émanant de Dieu, assurant sa vie et sa permanence, modèle concret des hiérarchies humaines. Ce gouvernement exercé par des êtres invisibles aux sens est visible à l'oeil intérieur du philosophe. Chez Mîr Dâmâd, le fondateur de l'Ecole philosophique d'Ispahan, l'ordre est avant tout un ordre politique, où l'administration du cosmos par les entités immatérielles instaurées par Dieu se réfléchit dans l'administration religieuse de la communauté humaine par les savants en religion, représentants de la famille du Prophète.
Chez Mullâ Sadrâ, en revanche, la providence et la politique divine sont perçues comme les effets de l'amour divin, qui s'exprime à tous les degrés des êtres vivants. En soutenant que l'amour est la nature même de la divinité, Mullâ Sadrâ reprend à son compte les enseignements les plus audacieux du soufisme et de la spiritualité islamique. Selon lui, l'existence ne peut être qu'un bien parce qu'elle émane du bien suprême qui est l'amour essentiel de Dieu.
La confrontation et la découverte d'un subtil mode de pensées, étranger à nos catégories.
Pour chacun d'eux, l'univers est soumis au gouvernement et à l'administration de multiples hiérarchies émanant de Dieu, assurant sa vie et sa permanence, modèle concret des hiérarchies humaines. Ce gouvernement exercé par des êtres invisibles aux sens est visible à l'oeil intérieur du philosophe. Chez Mîr Dâmâd, le fondateur de l'Ecole philosophique d'Ispahan, l'ordre est avant tout un ordre politique, où l'administration du cosmos par les entités immatérielles instaurées par Dieu se réfléchit dans l'administration religieuse de la communauté humaine par les savants en religion, représentants de la famille du Prophète.
Chez Mullâ Sadrâ, en revanche, la providence et la politique divine sont perçues comme les effets de l'amour divin, qui s'exprime à tous les degrés des êtres vivants. En soutenant que l'amour est la nature même de la divinité, Mullâ Sadrâ reprend à son compte les enseignements les plus audacieux du soufisme et de la spiritualité islamique. Selon lui, l'existence ne peut être qu'un bien parce qu'elle émane du bien suprême qui est l'amour essentiel de Dieu.
La confrontation et la découverte d'un subtil mode de pensées, étranger à nos catégories.















