L'héritage collectif.. La noblesse d'Eglise rhénane, 17ème-18ème siècles

Par : Christophe Duhamelle
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  • Nombre de pages361
  • PrésentationBroché
  • Poids0.575 kg
  • Dimensions15,2 cm × 22,5 cm × 2,4 cm
  • ISBN2-7132-1259-6
  • EAN9782713212598
  • Date de parution10/11/1998
  • ÉditeurEHESS

Résumé

Avant 1803, un dixième des Allemands vivaient dans des principautés ecclésiastiques dirigées par des archevêques Électeurs, des princes-évêques ou des princes-abbés. Malmenés par la Réforme, puis méprisés par les Lumières, ces États d'Église ne manquaient pas de contempteurs. Ils ont néanmoins longtemps Perduré, grâce à la force d'inertie d'un Saint-Empire mué en conservatoire des différences, mais aussi parce qu'ils ont su acquérir une grande stabilité, à laquelle leur nature élective (les princes ecclésiastiques sont choisis par des chanoines) ne les prédisposait guère. Parmi les évêques ou les chanoines, les mêmes noms reviennent sans cesse. En Rhénanie surtout, une catégorie bien particulière de la noblesse allemande, la chevalerie immédiate, est en effet parvenue à établir sur les principautés d'Église un monopole solide et durable. Ces nobles y gagnent le règne, la puissance et la gloire, alors même que leur refus de se soumettre aux grandes dynasties de la région semblait les condamner. Ayant saisi le pouvoir, ils sont cependant aussi saisis par lui: ils doivent s'adapter aux conditions de son exercice, qui exige le célibat pour ceux qui le détiennent et interdit toute mésalliance à leurs familles. Comprendre la spécialisation ecclésiastique des chevaliers rhénans ne peut donc se faire qu'au travers de leurs comportements familiaux: les stratégies matrimoniales et la discipline des lignages garantissent à la fois la survie de la chevalerie et celle des États d'Église. Au confluent du confessionnel, de l'institutionnel et du familial, cet ouvrage démontre donc le processus complexe par lequel un groupe nobiliaire s'identifie à un mode de domination, c'est-à-dire devient son meilleur rempart, mais est également modifié par lui. À partir du cas rhénan, cette histoire sociale des institutions du Saint-Empire mène ainsi à une réflexion sur la vitalité des noblesses de l'Europe moderne.
Christophe Duhamelle est maître de conférences en histoire moderne à l'Université de Picardie-Jules-Verne (Amiens). Ses recherches portent sur l'histoire sociale des confusions dans le Saint-Empire moderne. Cet ouvrage a été édité avec l'aide du Centre d'Histoire des Sociétés de l'Université de Picardie-Jules Verne et de la Mission Historique Française en Allemagne.