1.1 : La mauvaise réputation Ce n'est pas seulement l'évolution selon Darwin qui a forcé les hommes à se " redresser " mais la propension de certains d'entre eux à se rebeller pour des causes justes. Une guerre vaut-elle tant de fierté déplacée, aussi zélée qu'un silence sur notre passé ? La bonté fragilise les coeurs pour créer des sensations. Des caractères se forgent alors comme des muscles et le talent naît sous le trait d'une créature humaine des plus banales, mais digne d'en être le légataire.
Qu'il soit défini comme un messie, un extraterrestre ou un génie, la finalité est la même : paré pour son incroyable destin, " l'élu " est d'abord une référence, puis de " vénéré ", le désigné des cieux devient " paria ". Alors, on le canonise ou on le calomnie. Comme à la vue d'une étoile filante, quelqu'un avait fait un voeu, pour que celui-ci y dépose son empreinte plus solidement ! De la sorte, la raison universaliste envoyait vers nous sa contribution au monde décrépit.
De la part humaine de l'être par laquelle viendrait la pureté, il fallait bien qu'un jour quelqu'un se décide à venir nous montrer un visage. Ainsi, le 21 juillet 1913, naquit Maxime, le mécène tant attendu. Il sera le fils chéri de Lucette, dont on ignore jusqu'à une hypothétique famille et de Mario, de huit ans son aîné, d'origine italienne. Le père de Maxime était né en décembre 1884 du côté de Loches, en plein coeur du plateau de Sainte-Maure.
C'était physiquement l'archétype même du militaire : des cheveux courts et plaqués en arrière sur un crâne luisant de brillantine ; une peau sèche refoulant l'eau de Cologne dès le premier quart d'heure du réveil et des yeux noisette rassurants et espiègles. En amour, Mario était un artiste, tantôt jongleur et acrobate, tantôt passionné et fantasque. Dans la catégorie " coureur de jupons frénétique ", c'était un insatiable athlète du désir ! Ancien marin fourrier embarqué dans les mers chaudes, il se retrouvait régulièrement scotché à terre, à cause de ses réactions face au trop-plein d'ordres idiots.
Les instructions beuglées par sa hiérarchie étaient pour lui une dure discipline. Il arrivait à les considérer à l'unique condition d'être transmises par des chefs respectables ! L'histoire d'une aborigène empruntée à un plus gradé dans un port d'escale, et d'autres blâmes qu'il collectionnait comme d'autres entassent des coquillages, n'étaient pas étrangers non plus à son immobilisme larvé ! Sa mentalité l'avait donc tout bonnement amené à s'occuper du classement des archives militaires.
Ce service, créé pour ce " bon à rien prêt à tout ", se situait à l'étage des aigris blasés, au coeur d'un état-major de la Marine poussiéreux à souhait et aussi vétuste que ses préposés ! Là, le jeune fonctionnaire, marginalisé et disciplinaire, s'acquittait de ses missions sans véritable enthousiasme. Prenant les apanages de son travail pour en user dans de plus avantageuses occasions, Mario n'avait aucune conscience militaire.
Il ne se sentait pas plus investi d'une quelconque mission qu'un ouvrier peut en avoir à la chaîne de son usine. Cependant, il restait professionnel sans blasphème ni paresse !
1.1 : La mauvaise réputation Ce n'est pas seulement l'évolution selon Darwin qui a forcé les hommes à se " redresser " mais la propension de certains d'entre eux à se rebeller pour des causes justes. Une guerre vaut-elle tant de fierté déplacée, aussi zélée qu'un silence sur notre passé ? La bonté fragilise les coeurs pour créer des sensations. Des caractères se forgent alors comme des muscles et le talent naît sous le trait d'une créature humaine des plus banales, mais digne d'en être le légataire.
Qu'il soit défini comme un messie, un extraterrestre ou un génie, la finalité est la même : paré pour son incroyable destin, " l'élu " est d'abord une référence, puis de " vénéré ", le désigné des cieux devient " paria ". Alors, on le canonise ou on le calomnie. Comme à la vue d'une étoile filante, quelqu'un avait fait un voeu, pour que celui-ci y dépose son empreinte plus solidement ! De la sorte, la raison universaliste envoyait vers nous sa contribution au monde décrépit.
De la part humaine de l'être par laquelle viendrait la pureté, il fallait bien qu'un jour quelqu'un se décide à venir nous montrer un visage. Ainsi, le 21 juillet 1913, naquit Maxime, le mécène tant attendu. Il sera le fils chéri de Lucette, dont on ignore jusqu'à une hypothétique famille et de Mario, de huit ans son aîné, d'origine italienne. Le père de Maxime était né en décembre 1884 du côté de Loches, en plein coeur du plateau de Sainte-Maure.
C'était physiquement l'archétype même du militaire : des cheveux courts et plaqués en arrière sur un crâne luisant de brillantine ; une peau sèche refoulant l'eau de Cologne dès le premier quart d'heure du réveil et des yeux noisette rassurants et espiègles. En amour, Mario était un artiste, tantôt jongleur et acrobate, tantôt passionné et fantasque. Dans la catégorie " coureur de jupons frénétique ", c'était un insatiable athlète du désir ! Ancien marin fourrier embarqué dans les mers chaudes, il se retrouvait régulièrement scotché à terre, à cause de ses réactions face au trop-plein d'ordres idiots.
Les instructions beuglées par sa hiérarchie étaient pour lui une dure discipline. Il arrivait à les considérer à l'unique condition d'être transmises par des chefs respectables ! L'histoire d'une aborigène empruntée à un plus gradé dans un port d'escale, et d'autres blâmes qu'il collectionnait comme d'autres entassent des coquillages, n'étaient pas étrangers non plus à son immobilisme larvé ! Sa mentalité l'avait donc tout bonnement amené à s'occuper du classement des archives militaires.
Ce service, créé pour ce " bon à rien prêt à tout ", se situait à l'étage des aigris blasés, au coeur d'un état-major de la Marine poussiéreux à souhait et aussi vétuste que ses préposés ! Là, le jeune fonctionnaire, marginalisé et disciplinaire, s'acquittait de ses missions sans véritable enthousiasme. Prenant les apanages de son travail pour en user dans de plus avantageuses occasions, Mario n'avait aucune conscience militaire.
Il ne se sentait pas plus investi d'une quelconque mission qu'un ouvrier peut en avoir à la chaîne de son usine. Cependant, il restait professionnel sans blasphème ni paresse !