Kyoto, Provence

Par : Monique Grandjonc
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  • Nombre de pages176
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.23 kg
  • Dimensions13,0 cm × 20,0 cm × 0,4 cm
  • ISBN2-904201-27-0
  • EAN9782904201271
  • Date de parution01/07/2000
  • ÉditeurWallada
  • PréfacierFrançoise Mingot-Tauran

Résumé

C'est un "roman-je" comme on dit en japonais. Ou un "commerce de fantômes", comme on dit quand on est Kafka, et dans une langue qui n'est pas encore celle des meurtriers. Yuko est à Aix, Monique aussi, mais elles s'écrivent. Puis Yuko revient au Japon, mais l'échange de lettres va durer : au bout de deux années d'écriture, d'un commun accord, on se dit d'abord que tout est dit, comme une pierre tombale, mais des aventures parallèles se poursuivent, et se diront dans un ultime échange, une rencontre quatre ans après.
Que peut-on s'écrire quand on est dans la même ville, mais que ce n'est pas la même, parce que les regards diffèrent ? Echanges, approches légères de deux cultures : un pacte, proposé par Monique, póur une écriture qui ne serait pas autobiographique, mais qui tenterait d'élucider des questions qui (la) dépassent : la place de la femme, le rapport aux enfants, le rapport entre générations, le féminisme, les fantasmes projetés sur l'Autre et par l'Autre.
Yuko, elle, rêve d'une oeuvre collective, "comme un patchwork qu'on dirait crazy", et croit répugner à l'autobiographie. C'est pourtant bien une autobiographie à deux voix qui va se tisser ici, et une ethnographie réciproque : la séduction à l'occidentale, l'honneur à la japonaise, la cuisine, la répartition des habitations, il faut qu'une maison soit ouverte et fermée. Et puis l'écho des expériences, les aveux en biais, les souvenirs, qui vont du plus délicieux anecdotique ("Je me souviens que le caramel de Morinaga coûtait dix yen et qu'il avait bon goût") au plus marquant, au plus grave : de mai 1968, Monique a retenu " ne jamais me taire quand je pourrais parler".
De la nécessité de cet échange, c'est Yuko qui tire la leçon : "Vous aviez besoin de parler à une étrangère parce que vous vous sentiez étrangère dans votre société." Mais se sentir étranger, c'est peut-être la première condition pour sortir du rang des meurtriers, comme disait le passant de Prague. " Va, texte rétif, va... " Anne Roche.
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