Janvier 2016. Thierry Debroux est seul dans un cimetière enneigé de Bruxelles. Il dépose une rose rouge sur le cercueil de son père. C'est la deuxième fois qu'il l'enterre : une exhumation administrative oblige à le déplacer dans un autre carré. Et c'est là, dans ce cimetière froid, qu'il se fait une promesse : " Je vais creuser. " Joseph était peintre en bâtiment. Il rentrait épuisé, fermé, le visage comme une tempête annoncée.
Le bruit de sa pelle à charbon dans la cave susait à plonger la famille dans l'angoisse. Il ne frappait jamais — ou presque. Mais sa colère était physique, atmosphérique. Impossible à aimer facilement. Et pourtant aimé. L'enquête généalogique mènera Thierry Debroux jusqu'à une cousine retrouvée par hasard aux Etats-Unis, à un grand-père mort à 53 ans laissant un enfant de sept ans livré à lui-même, à la grand-mère Catherine Vanderlinden qui avait vu Bualo Bill en 1891 sur la plaine de Ten Bosch à Bruxelles, aux Debroux paysans brabançons depuis le XVIIe siècl
Janvier 2016. Thierry Debroux est seul dans un cimetière enneigé de Bruxelles. Il dépose une rose rouge sur le cercueil de son père. C'est la deuxième fois qu'il l'enterre : une exhumation administrative oblige à le déplacer dans un autre carré. Et c'est là, dans ce cimetière froid, qu'il se fait une promesse : " Je vais creuser. " Joseph était peintre en bâtiment. Il rentrait épuisé, fermé, le visage comme une tempête annoncée.
Le bruit de sa pelle à charbon dans la cave susait à plonger la famille dans l'angoisse. Il ne frappait jamais — ou presque. Mais sa colère était physique, atmosphérique. Impossible à aimer facilement. Et pourtant aimé. L'enquête généalogique mènera Thierry Debroux jusqu'à une cousine retrouvée par hasard aux Etats-Unis, à un grand-père mort à 53 ans laissant un enfant de sept ans livré à lui-même, à la grand-mère Catherine Vanderlinden qui avait vu Bualo Bill en 1891 sur la plaine de Ten Bosch à Bruxelles, aux Debroux paysans brabançons depuis le XVIIe siècl