"Jean Lorrain ou l'impossible fuite hors du monde" et "L'Age de l'héroïne" ont été écrits presque simultanément, et partagent de nombreux thèmes communs ainsi qu'une même interrogation sur la notion de décadence. Par ailleurs, la trajectoire de Frank, le personnage principal de "L'Age de l'héroïne", ressemble à s'y méprendre à la trajectoire de Lorrain : deux figures crépusculaires arrivées à l'orée de la nuit et sur le point de s'y engloutir.
Jean Lorrain est l'un des auteurs français les plus incontournables et scandaleux de la fin du dix-neuvième siècle : romancier, novelliste, chroniqueur redouté et redoutable. Amateur de maquillage, consommateur de drogue, ouvertement homosexuel, Lorrain défraye la chronique au moins aussi souvent qu'il l'anime. Son oeuvre protéiforme est portée par un style éblouissant, provocateur. Peu d'auteurs ont aussi bien senti cette époque tourmentée que Lorrain.
Plus encore que Huysmans, Lorrain est un concentré de venin et de noirceur. L'essai de Quentin Mouron a l'ambition de faire dialoguer ces auteurs, de les repenser sous l'angle de l'effroi du monde réel. Ces hommes et ses femmes qui ont si bien su dire l'angoisse, la solitude, la nostalgie de la fin d'un monde, nous les retrouvons sous la plume généreuse de l'auteur et nous les saisissons dans leur singularité, en même temps que dans leurs similitudes.
En conclusion, peu d'époques ont autant en commun avec la nôtre : angoisse devant le monde qui vient, impression d'être atomisé dans le giron d'une modernité hors de contrôle, nostalgie d'un monde d'avant, espérance d'un monde d'après. Comprendre les décadents, c'est comprendre notre monde. Houellebecq, dans "Soumission", fait un lien explicite entre les préoccupations de Huysmans et celles des hommes et des femmes d'aujourd'hui.
Quentin Mouron fait de même avec Lorrain - mais avec plus de rigueur.
"Jean Lorrain ou l'impossible fuite hors du monde" et "L'Age de l'héroïne" ont été écrits presque simultanément, et partagent de nombreux thèmes communs ainsi qu'une même interrogation sur la notion de décadence. Par ailleurs, la trajectoire de Frank, le personnage principal de "L'Age de l'héroïne", ressemble à s'y méprendre à la trajectoire de Lorrain : deux figures crépusculaires arrivées à l'orée de la nuit et sur le point de s'y engloutir.
Jean Lorrain est l'un des auteurs français les plus incontournables et scandaleux de la fin du dix-neuvième siècle : romancier, novelliste, chroniqueur redouté et redoutable. Amateur de maquillage, consommateur de drogue, ouvertement homosexuel, Lorrain défraye la chronique au moins aussi souvent qu'il l'anime. Son oeuvre protéiforme est portée par un style éblouissant, provocateur. Peu d'auteurs ont aussi bien senti cette époque tourmentée que Lorrain.
Plus encore que Huysmans, Lorrain est un concentré de venin et de noirceur. L'essai de Quentin Mouron a l'ambition de faire dialoguer ces auteurs, de les repenser sous l'angle de l'effroi du monde réel. Ces hommes et ses femmes qui ont si bien su dire l'angoisse, la solitude, la nostalgie de la fin d'un monde, nous les retrouvons sous la plume généreuse de l'auteur et nous les saisissons dans leur singularité, en même temps que dans leurs similitudes.
En conclusion, peu d'époques ont autant en commun avec la nôtre : angoisse devant le monde qui vient, impression d'être atomisé dans le giron d'une modernité hors de contrôle, nostalgie d'un monde d'avant, espérance d'un monde d'après. Comprendre les décadents, c'est comprendre notre monde. Houellebecq, dans "Soumission", fait un lien explicite entre les préoccupations de Huysmans et celles des hommes et des femmes d'aujourd'hui.
Quentin Mouron fait de même avec Lorrain - mais avec plus de rigueur.