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Fin des années 1970 : après 30 années de prospérité, le modèle keynésien s’essouffle et la crise économique s’installe. Les élites libérales, patrons, cadres dirigeants, gros actionnaires , contraintes au silence depuis l’après-guerre par les succès de l’Etat-providence et la peur du communisme voient venu le moment de reprendre l’offensive. C’est le début d’une revanche qui s’enracine d’emblée dans un slogan en forme de contrainte : « Il n’y a pas d’alternative ! » Dès 1983, François Mitterrand fait prendre à la France le tournant du libéralisme, Margaret Thatcher et Ronald Reagan sont au pouvoir, l’économie mondiale entre dans l’ère néolibérale.
Sur une idée originale du spécialiste de l’économie Philippe Labarde, cet ouvrage démonte et analyse les stratégies de la conquête : quels acteurs au sein de quels réseaux ? Quels moyens servis par quelles méthodes ? Car la nouvelle coalition fait preuve d’une audace incontestable : plutôt que d’imposer ses valeurs, elle s’approprie celles de ses adversaires. Le conservatisme est décrié ? Elle démontre que les progressistes sont des conservateurs.
La révolution est à la mode ? Elle se dit révolutionnaire. Mais au-delà de la dénonciation d’un discours, les auteurs retracent ici les étapes d’une prise de pouvoir, les choix politiques et économiques puis leur mise en oeuvre, nationale et internationale.
Un antidote à la pensée unique ?
Propagande : ensemble de techniques visant à faire penser ou agir une population d'une certaine manière.
Voilà le coeur du problème.
Certains ouvrages, de plus en plus nombreux, exposent une autre vision économique, d'autres voies, mais se heurtent au dogme TINA "There Is No Alternative". Celui-ci, instillé dans les esprits depuis l'accession de Margaret Thatcher au pouvoir, est devenu pour le grand public mais aussi pour les décideurs politiques, l'unique cadre de référence en terme de pensée économique, enterrant le keynésianisme.
Le but de ce livre est de se confronter non seulement aux idées mais aussi à la mécanique pernicieuse de l'endoctrinement qui depuis Reagan a peu à peu mis à genoux les USA.
Clair et incisif, le seul reproche que je puisse lui faire est d'être trop court.