Sakutaro Hagiwara (1886-1942) est né à Maebashi, une ville à une centaine de kilomètres au nord-est de Tokyo. Il est l'aîné d'une fratrie de six enfants. Son père est un médecin réputé. Hagiwara connaît une enfance heureuse. A quinze ans, il découvre la littérature et commence à écrire des poèmes classiques tanka et à les publier dans des revues littéraires. Jeune étudiant, il ne cesse de parcourir le Japon, réticent à toute sédentarité prolongée, incapable de terminer ses études universitaires, sujet aux maladies et tourmenté par ses dé-sirs.
Il refuse de devenir médecin, et s'interdit ainsi toute situation stable, comme celle que lui eût assurée la direction de l'hôpital fondé par son père à Maebashi. A Tokyo, il apprend à jouer de la mandoline et de la guitare, et à son retour dans sa ville natale, il fonde un club de musiciens, la Gondola Western Music Society, et il écrit. En 1913, il abandonne les schémas métriques classiques dans sa poésie au profit du vers libre, qu'il découvre grâce aux traductions de symbolistes fran-çais.
Il fonde avec les poètes Muro Saisei et Yamamura Bocho le Ningyo Shisha ("groupe poétique des sirènes"), dont l'objectif déclaré était l'étude de la poé-sie, de la religion et de la musique, et qui ne durera guère plus d'un an. Il tra-vaille comme rédacteur pour des revues littéraires et publie en 1917 son pre-mier recueil de poèmes, Hurler à la lune, qui connaît un succès immédiat et transforme de façon décisive et durable la poésie japonaise moderne.
Un mariage arrangé en 1919 donne naissance à deux filles et prend fin dix ans plus tard lorsque sa femme s'enfuit avec son partenaire de danse ; un second mariage en 1938 dure un an, et sa nouvelle épouse quitte elle aussi le domicile conjugal. L'alcool est vraisemblablement la cause première de ses difficultés. Après s'être tourné vers les essais et les aphorismes pendant plusieurs an-nées, Hagiwara publie son deuxième recueil de poèmes, Le chat bleu, en 1923.
Ces deux recueils, Hurler à la lune et Le chat bleu, que caractérisent leur ex-trême sensualité, leur mélancolie intime, leurs images symbolistes, leur explora-tion fascinante de soi et leur ton volontiers populaire de confessions intimes mêlant littérature et langage vernaculaire (cf. Passions fraîches, 1922), mar-quent l'apogée de la créativité de Hagiwara. Il écrit à un ami : "Je ne fais que capter une sorte de rythme qui coule au fond de mon coeur et le suivre incons-ciemment, de sorte qu'au moment de la création, mon moi n'est qu'une sorte de machine automatique à demi consciente".
Il publie par la suite quatre autres recueils de poèmes en vers et en prose (citons Hyoto, Ile de glace [1934), et surtout des recueils d'essais et de critique littéraire. Hagiwara a enseigné à l'université Meiji de Tokyo de 1934. Il meurt d'une pneumonie en 1942. Aucun de ses recueils n'a été traduit en français.
Il refuse de devenir médecin, et s'interdit ainsi toute situation stable, comme celle que lui eût assurée la direction de l'hôpital fondé par son père à Maebashi. A Tokyo, il apprend à jouer de la mandoline et de la guitare, et à son retour dans sa ville natale, il fonde un club de musiciens, la Gondola Western Music Society, et il écrit. En 1913, il abandonne les schémas métriques classiques dans sa poésie au profit du vers libre, qu'il découvre grâce aux traductions de symbolistes fran-çais.
Il fonde avec les poètes Muro Saisei et Yamamura Bocho le Ningyo Shisha ("groupe poétique des sirènes"), dont l'objectif déclaré était l'étude de la poé-sie, de la religion et de la musique, et qui ne durera guère plus d'un an. Il tra-vaille comme rédacteur pour des revues littéraires et publie en 1917 son pre-mier recueil de poèmes, Hurler à la lune, qui connaît un succès immédiat et transforme de façon décisive et durable la poésie japonaise moderne.
Un mariage arrangé en 1919 donne naissance à deux filles et prend fin dix ans plus tard lorsque sa femme s'enfuit avec son partenaire de danse ; un second mariage en 1938 dure un an, et sa nouvelle épouse quitte elle aussi le domicile conjugal. L'alcool est vraisemblablement la cause première de ses difficultés. Après s'être tourné vers les essais et les aphorismes pendant plusieurs an-nées, Hagiwara publie son deuxième recueil de poèmes, Le chat bleu, en 1923.
Ces deux recueils, Hurler à la lune et Le chat bleu, que caractérisent leur ex-trême sensualité, leur mélancolie intime, leurs images symbolistes, leur explora-tion fascinante de soi et leur ton volontiers populaire de confessions intimes mêlant littérature et langage vernaculaire (cf. Passions fraîches, 1922), mar-quent l'apogée de la créativité de Hagiwara. Il écrit à un ami : "Je ne fais que capter une sorte de rythme qui coule au fond de mon coeur et le suivre incons-ciemment, de sorte qu'au moment de la création, mon moi n'est qu'une sorte de machine automatique à demi consciente".
Il publie par la suite quatre autres recueils de poèmes en vers et en prose (citons Hyoto, Ile de glace [1934), et surtout des recueils d'essais et de critique littéraire. Hagiwara a enseigné à l'université Meiji de Tokyo de 1934. Il meurt d'une pneumonie en 1942. Aucun de ses recueils n'a été traduit en français.


