Anna-Louise Milne est professeure à l'Institut de l'Université de Londres à Paris. Comparatiste de formation, elle travaille à l'intersection entre l'histoire de la littérature, la sociologie urbaine et la traduction culturelle dans des contextes marqués par des migrations. Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages dont A General Practice (The Cahiers Series/Sylph, 2021), The New Internationalists (avec Sue Clayton, Goldsmiths/MIT, 2020), 75 (Gallimard, 2016).
Habiter le point de fixation. Contre l'abandon
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- Nombre de pages184
- FormatGrand Format
- PrésentationBroché
- Poids0.249 kg
- Dimensions15,0 cm × 21,0 cm × 1,0 cm
- ISBN979-10-93250-75-5
- EAN9791093250755
- Date de parution13/05/2025
- CollectionParcours
- ÉditeurEtérotopia Editions
Résumé
L'Europe, aujourd'hui, est constellée de points d'abandon où, paradoxalement, se joue l'avenir du continent. Ce sont les arrière-cours des gares internationales, les landes autour des ports, les refuges et hangars des villes frontalières. Ils sont la face cachée des plateformes centralisées des politiques migratoires européennes qui prônent l'efficacité et produisent l'attente, l'errance, l'illégalité, et le désespoir.
Le point de fixation est le revers du hot spot, sa contradiction racisée, fantasmée, antagoniste. Il est aussi l'expression du besoin et du droit de se fixer quelque part, de forger des attaches, de cultiver un sentiment d'appartenance. Lieu de dernier recours, peut-être, et prémisse de nouvelles formes d'organisation, le point de fixation est une concentration de fugitivité et d'intransigeance, de stratégies de contournement et de refus de disparaître.
Il en résulte des méthodes de coopération et de concertation entre des populations sédentaires et hyper mobiles, sociologiquement très diverses, là où les autorités ne pointent qu'inertie ou pathologie. Ni une occupation au sens traditionnel, ni un mouvement social, le point de fixation est un prisme sur de nouvelles configurations de lutte et de désobéissance, réunissant des trajectoires très disparates autour de priorités sans "programme", dans la durée, en prise avec la conflictualité et la quotidienneté de l'espace urbain.
C'est pourquoi ce livre se propose d'"habiter le point de fixation" : comme un projet d'exploration, d'écoute, de participation, d'incorporation, de continuation, de théorisation aussi, engagé lucidement, mais activement, depuis un des points de fixation les plus enracinés et les plus puissants du paysage actuel, La Chapelle, à Paris, en l'inscrivant dans une constellation transnationale.
Le point de fixation est le revers du hot spot, sa contradiction racisée, fantasmée, antagoniste. Il est aussi l'expression du besoin et du droit de se fixer quelque part, de forger des attaches, de cultiver un sentiment d'appartenance. Lieu de dernier recours, peut-être, et prémisse de nouvelles formes d'organisation, le point de fixation est une concentration de fugitivité et d'intransigeance, de stratégies de contournement et de refus de disparaître.
Il en résulte des méthodes de coopération et de concertation entre des populations sédentaires et hyper mobiles, sociologiquement très diverses, là où les autorités ne pointent qu'inertie ou pathologie. Ni une occupation au sens traditionnel, ni un mouvement social, le point de fixation est un prisme sur de nouvelles configurations de lutte et de désobéissance, réunissant des trajectoires très disparates autour de priorités sans "programme", dans la durée, en prise avec la conflictualité et la quotidienneté de l'espace urbain.
C'est pourquoi ce livre se propose d'"habiter le point de fixation" : comme un projet d'exploration, d'écoute, de participation, d'incorporation, de continuation, de théorisation aussi, engagé lucidement, mais activement, depuis un des points de fixation les plus enracinés et les plus puissants du paysage actuel, La Chapelle, à Paris, en l'inscrivant dans une constellation transnationale.





