Umberto Curi (né en 1941) est professeur émérite de l'université de Padoue, où il a enseigné l'histoire de la philosophie. Son travail a toujours visé à interroger l'expérience commune et la cons-cience de la vie à partir de l'histoire de la philosophie et des instruments con-ceptuels dont celle-ci a permis l'invention, et, par un mouvement de retour, à envisager la validité de telle ou telle inflexion historico-conceptuelle à l'aune de notre propre besoin d'intelligence du réel.
Travail conjoint, donc, de discerne-ment : dans les textes, à partir d'eux, et dans les circonstances actuelles de la réalité, à partir d'elles (ainsi par exemple de l'ensemble de ses textes sur le ci-néma). D'où suit une manière particulière de philosopher, un ton propre, qui est à la fois soucieux de rigueur philologique dans le commentaire, et de simplicité pédagogique dans l'application au temps présent ; comment constituer en véri-tables problèmes philosophiques (et pour la philosophie elle-même) les données les plus obstinées ou les plus apparemment éphémères et circonstancielles de la condition humaine et de celle des objets ? Son travail voudrait donc s'inscrire, au fond, moins dans une philosophia perennis à réinventer à chaque fois au coeur même de la réalité historique, que dans une via italiana alla filosofia trouvant son mouvement initial dans l'équivalence vichienne du factum et du verum.
Umberto Curi, outre une abondante moisson d'articles, a écrit une cinquan-taine d'ouvrages, de Il problema dell'unità del sapere nel comportamentismo de 1967 à Il coraggio di pensare. Manualistica di filosofia de 2018. Son oeuvre s'est développée dans trois directions essentielles : 1. l'analyse du lien unissant politique et guerre (voir par ex. Pensare la guerra. Per une filosofia della pace, Bari, Dedalo, 1985 ; Filosofia come guer-ra, Turin, Bollati Boringhieri, 2000) ; 2.
la question de la narration (puissance et permanence des mythes), avec une insistance particulière sur le cinéma : citons Lo schermo del pensiero, Mi-lan, Rafaello Cortina, 2000 ; La forza dello sguardo, Bollati Boringhieri, Turin, 2004 ; Un filosofo al cinema, Milan, Bompiani, 2006 ; 3. quelques grands thèmes de la condition commune, revisités selon un par-cours inédit d'histoire de la philosophie (par ex.
Miti d'amore. Filosofia dell'eros, Milan, Bompiani, 2009, ou Meglio non essere nati. La condizione umana tra Eschilio e Nietzsche, Turin, Bollati Borignhieri, 2008).
Travail conjoint, donc, de discerne-ment : dans les textes, à partir d'eux, et dans les circonstances actuelles de la réalité, à partir d'elles (ainsi par exemple de l'ensemble de ses textes sur le ci-néma). D'où suit une manière particulière de philosopher, un ton propre, qui est à la fois soucieux de rigueur philologique dans le commentaire, et de simplicité pédagogique dans l'application au temps présent ; comment constituer en véri-tables problèmes philosophiques (et pour la philosophie elle-même) les données les plus obstinées ou les plus apparemment éphémères et circonstancielles de la condition humaine et de celle des objets ? Son travail voudrait donc s'inscrire, au fond, moins dans une philosophia perennis à réinventer à chaque fois au coeur même de la réalité historique, que dans une via italiana alla filosofia trouvant son mouvement initial dans l'équivalence vichienne du factum et du verum.
Umberto Curi, outre une abondante moisson d'articles, a écrit une cinquan-taine d'ouvrages, de Il problema dell'unità del sapere nel comportamentismo de 1967 à Il coraggio di pensare. Manualistica di filosofia de 2018. Son oeuvre s'est développée dans trois directions essentielles : 1. l'analyse du lien unissant politique et guerre (voir par ex. Pensare la guerra. Per une filosofia della pace, Bari, Dedalo, 1985 ; Filosofia come guer-ra, Turin, Bollati Boringhieri, 2000) ; 2.
la question de la narration (puissance et permanence des mythes), avec une insistance particulière sur le cinéma : citons Lo schermo del pensiero, Mi-lan, Rafaello Cortina, 2000 ; La forza dello sguardo, Bollati Boringhieri, Turin, 2004 ; Un filosofo al cinema, Milan, Bompiani, 2006 ; 3. quelques grands thèmes de la condition commune, revisités selon un par-cours inédit d'histoire de la philosophie (par ex.
Miti d'amore. Filosofia dell'eros, Milan, Bompiani, 2009, ou Meglio non essere nati. La condizione umana tra Eschilio e Nietzsche, Turin, Bollati Borignhieri, 2008).


