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"Elles vont finir seules avec leurs chats". #childlesscatladies, une mise au point salvatrice

Par : Charlotte Debest
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  • Nombre de pages112
  • FormatPoche
  • PrésentationBroché
  • Poids0.119 kg
  • Dimensions12,0 cm × 18,5 cm × 1,0 cm
  • ISBN978-2-488115-19-3
  • EAN9782488115193
  • Date de parution09/10/2025
  • CollectionPermis de déconstruire
  • ÉditeurLa Meute

Résumé

On raconte qu'une femme sans homme, ce serait comme un poisson sans bicyclette. Ce livre a été écrit par Charlotte Debest, sociologue, contre les entrepreneurs de morale du patriarcat, et pour les sorcières, les recluses, les hystériques, les folles, les lesbiennes, les mamans, les putains, les vieilles filles et même les hommes. Pour toutes celles et ceux, en fait, qui voudraient juste l'égalité.

L'éditeur en parle

Ah ! ce que l'on aime à penser qu' "avant" , les femmes - toutes les femmes - avaient des enfants - beaucoup d'enfants - et que les vaches étaient bien gardées par les fermiers. Telle la chanson que l'on chante aux enfants : Le fermier prend sa femme, la femme prend son enfant, l'enfant prend la nourrice, la nourrice prend son chat... Ohé, ohé, ohé. Affligeant, mais tellement rassurant pour un certain "ordre des choses" .
Je suis toujours étonnée par cet "avant" . Avant quoi, exactement ? Avant ma naissance ? Avant la Seconde Guerre mondiale ? Avant 1789 ? Avant Jésus-Christ ? Personne ne sait vraiment ce que recouvre cet "avant" , mais la plupart semblent s'accorder sur ce qu'il représente. Il me semble que pour les partisan·es du "avant" , il représente un âge d'or (fantasmé) de la famille où les femmes mettaient au monde des enfants et les élevaient, et où les hommes géraient le reste.
Point. Pour être tout à fait honnête, j'ai rarement entendu quelque chose d'aussi stupide que cette petite phrase, "elles vont finir seules avec leurs chats" . Sexiste, d'abord, et ignorante de la réalité de la vie des femmes ensuite - comme si ces dernières ne pouvaient exister qu'enfermées chez elles, la tête dans les couches et les mains dans le four sinon rien, sans vie sociale, sans activités.
Mais j'ai bien dû me rendre à l'évidence : elle est communément lancée aux femmes sans mari et sans enfant. Elle a même été brandie comme argument de campagne lors de l'élection américaine pour la Maison-Blanche en novembre 2024. Dans la bouche du conseiller de Donald Trump, le pays est alors menacé par une "bande de vieilles filles à chat sans enfant, malheureuses dans leur vie et qui voudraient entraîner tout le reste du pays dans leur malheur" .
Il est clair que si ce sont les femmes sans enfant qu'elle vise, incidemment, elle touche toutes les femmes - les mères et les non-mères. Elle dit en creux : "Pour les femmes, hors de la famille, point de salut". Elle nous raconte que les femmes ne peuvent ni ne doivent avoir d'existence épanouie sans homme et sans enfant. Ben voyons. Ne plus vouloir d'enfant serait devenu le mal de notre société : l'individualisme des femmes, les angoisses des jeunes seraient les causes principales de cette baisse de la natalité.
Et si on arrêtait de raconter n'importe quoi ? Si on interrogeait l'image d'Epinal de la famille et qu'on osait affirmer que si une femme sans homme, c'est comme un poisson sans bicyclette, peut-être qu'un homme sans femme est comme un bocal sans poisson ?