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Des êtres sans importance
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- Nombre de pages208
- FormatGrand Format
- PrésentationBroché
- Poids0.296 kg
- Dimensions14,5 cm × 22,5 cm × 1,1 cm
- ISBN978-2-7500-0868-0
- EAN9782750008680
- Date de parution01/11/2013
- ÉditeurLa Bruyère éditions
Résumé
Oui, les enfants, mais aussi les vieux, les femmes indépendantes, les corsetières à façon, les félins solitaires sont sans importance pour celui - ou celle - qui ne fait pas d'effort pour les comprendre. Parfois, il peut, à sa manière, les voir, les entendre, les aimer même, puis les ignorer dès qu'il a mieux à faire. J'ai eu la chance d'avoir pour mère une photographe exceptionnelle qui se passionnait pour le portrait d'enfant.
Un art difficile, car elle opérait sur des clichés argentiques, à la lumière du jour et des séances de pose relativement longues lui étaient imposées. Pour s'exercer, Génia Reinberg me prenait pour modèle. Notre trésor familial comportait une antiquité japonaise, le masque d'un vieillard au sourire grimaçant. Elle me le confia. Je m'en amusais. Elle nous fixa sur la plaque au moment où mon sourire se juxtaposait à celui du masque.
Du coup, je donnais vie à ce visage figé qui venait partager mon jeu. Du coup, je n'étais plus un objet photographié mais un enfant à qui sa mère offrait une aventure singulière, en toute complicité. Nous nous comprenions. Aujourd'hui, le vieux que je suis devenu ressemble plus au masque qu'au garçonnet farceur que j'étais. Ces nouvelles, parfois tragiques, parfois comiques, ce qui n'exclut pas l'humour, ne démontrent rien et ne défendent aucune thèse.
Cependant, les malheurs apportés par la guerre puis l'occupation m'ont, très tôt, fait prendre conscience de l'importance des êtres qui sont réputés n'en pas avoir.
Un art difficile, car elle opérait sur des clichés argentiques, à la lumière du jour et des séances de pose relativement longues lui étaient imposées. Pour s'exercer, Génia Reinberg me prenait pour modèle. Notre trésor familial comportait une antiquité japonaise, le masque d'un vieillard au sourire grimaçant. Elle me le confia. Je m'en amusais. Elle nous fixa sur la plaque au moment où mon sourire se juxtaposait à celui du masque.
Du coup, je donnais vie à ce visage figé qui venait partager mon jeu. Du coup, je n'étais plus un objet photographié mais un enfant à qui sa mère offrait une aventure singulière, en toute complicité. Nous nous comprenions. Aujourd'hui, le vieux que je suis devenu ressemble plus au masque qu'au garçonnet farceur que j'étais. Ces nouvelles, parfois tragiques, parfois comiques, ce qui n'exclut pas l'humour, ne démontrent rien et ne défendent aucune thèse.
Cependant, les malheurs apportés par la guerre puis l'occupation m'ont, très tôt, fait prendre conscience de l'importance des êtres qui sont réputés n'en pas avoir.







