Marie-Jeanne Leprince de Beaumont (1711-1780), femme de lettres françaises, éducatrice de renom dans la haute société, doit ses titres de notoriété à ses contes de fées, dont La Belle et la Bête reste le plus connu. Ecrivain prolixe – plus de soixante-dix ouvrages – dont la plupart ont été traduits et souvent réédités, éducatrice dans l'âme, elle est de la lignée de ces auteurs féminins qui vont de Madame de Genlis à la comtesse de Ségur, alliant les connaissances aux principes d'une morale didactique.
Avec Civan, Roi du Bungo, c'est un roman japonais qu'écrit Madame Leprince de Beaumont. L'oeuvre est beaucoup plus historique que la simple fiction pourrait le faire croire, et la période 1560-1640, époque où se passe l'action, est décrite avec réalisme et minutie. Ce roman est à la fois un roman d'éducation et une oeuvre politique, et sa mise en parallèle avec les Lettres persanes s'impose. L'abondance des détails, des renseignements historiques sur une partie du Japon, sur l'évangélisation et la persécution des Chrétiens, qui fait de Civan un roman religieux, renforce l'intérêt du texte.
Madame Leprince de Beaumont sait aussi laisser libre cours à son imagination quand, par exemple, pour cette éducation de prince, elle fait voyager Civan en Europe, alors qu'il n'est en fait jamais sorti du Japon, et l'on ne peut être que frappé par le soin avec lequel elle s'est documentée. Civan est un roman d'une très grande richesse, et qui a le mérite de tirer de l'oubli et de faire de Madame Leprince de Beaumont un auteur d'une autre envergure que celui du conte de La Belle et la Bête.
Marie-Jeanne Leprince de Beaumont (1711-1780), femme de lettres françaises, éducatrice de renom dans la haute société, doit ses titres de notoriété à ses contes de fées, dont La Belle et la Bête reste le plus connu. Ecrivain prolixe – plus de soixante-dix ouvrages – dont la plupart ont été traduits et souvent réédités, éducatrice dans l'âme, elle est de la lignée de ces auteurs féminins qui vont de Madame de Genlis à la comtesse de Ségur, alliant les connaissances aux principes d'une morale didactique.
Avec Civan, Roi du Bungo, c'est un roman japonais qu'écrit Madame Leprince de Beaumont. L'oeuvre est beaucoup plus historique que la simple fiction pourrait le faire croire, et la période 1560-1640, époque où se passe l'action, est décrite avec réalisme et minutie. Ce roman est à la fois un roman d'éducation et une oeuvre politique, et sa mise en parallèle avec les Lettres persanes s'impose. L'abondance des détails, des renseignements historiques sur une partie du Japon, sur l'évangélisation et la persécution des Chrétiens, qui fait de Civan un roman religieux, renforce l'intérêt du texte.
Madame Leprince de Beaumont sait aussi laisser libre cours à son imagination quand, par exemple, pour cette éducation de prince, elle fait voyager Civan en Europe, alors qu'il n'est en fait jamais sorti du Japon, et l'on ne peut être que frappé par le soin avec lequel elle s'est documentée. Civan est un roman d'une très grande richesse, et qui a le mérite de tirer de l'oubli et de faire de Madame Leprince de Beaumont un auteur d'une autre envergure que celui du conte de La Belle et la Bête.