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Choses privées et chose publique en Grèce ancienne. Genèse et structure d'un système de classification

Par : Arnaud Macé, Collectif
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  • Nombre de pages352
  • PrésentationBroché
  • Poids0.795 kg
  • Dimensions15,9 cm × 23,9 cm × 2,5 cm
  • ISBN978-2-84137-269-0
  • EAN9782841372690
  • Date de parution20/11/2012
  • CollectionHoros
  • ÉditeurMillon

Résumé

Le présent ouvrage constitue une anthologie de textes rédigés en langue grecque entre le VIIIe et le début du IVe siècle avant J-C. Cette collection, oeuvre d'une patiente sélection et de traductions nouvelles, accomplies par une équipe de chercheurs réunie au sein d'une entreprise qui dura plusieurs années, a l'ambition d'offrir à ceux qui étudient les mondes anciens, mais aussi, plus largement, à tous ceux qui s'intéressent à l'apparition de la chose publique et au déploiement corrélatif de la sphère privée, un accès à la manière dont un peuple, l'un de ceux qui, en Occident, devait donner corps à ce partage, en façonna les contours.
Au fil des textes, on voit défiler le paysage dans lequel de telles dichotomies ont pu mûrir au sein des choses, des temps, des lieux, des sentiments ou des actes qui fourmillent dans la vie collective des hommes : celle qui oppose, d'un côté, ce qui est individuel (idios) à ce qui est collectif ou commun (xunos, koinos), et celle qui distingue, de l'autre, ce qui relève de l'intérêt privé (idios) et ce qui est officiellement l'expression de la communauté, de la cité, du peuple (dêmios, dêmosios).
C'est au croisement de ces deux systèmes d'opposition, pourtant non identifiables - car on peut faire de manière solitaire, par exemple en ambassade, beaucoup de choses au service de la puissance publique, et, collectivement, faire tant de choses qui ne relèvent en rien de la vie publique, comme, par exemple, aller faire ses courses au marché -, que l'on peut saisir la genèse, à travers les mots des Anciens, de la représentation de la puissance publique et de ce qui s'en distingue.
Il fallait en effet, pour qu'une telle conscience vit le jour, que la cité, cette forme sous laquelle les Grecs connurent l'Etat, soit perçue, au moins partiellement, au moins à travers certaines des choses, des décisions, des temps ou des lieux qui emplissent la vie sociale, comme une forme du commun. C'est cette voix oubliée qui nous défie encore à travers les chants des poètes archaïques, les scènes du théâtre, les raisonnements des médecins, la prose des historiens, des orateurs, des sophistes et des philosophes, ou le sourire du fabuliste : celle d'une communauté d'êtres humains pour qui, un jour, la distribution des choses, des richesses, des sentiments, des espaces et des lieux fut perçue comme le fondement même de l'existence collective et comme une affaire trop importante pour ne pas être l'affaire de tous.