Ce qui est arrivé par la peinture. Textes et entretiens, 1953-2006

Par : Simon Hantaï
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  • Nombre de pages304
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.5 kg
  • Dimensions16,2 cm × 20,0 cm × 1,9 cm
  • ISBN978-2-85035-062-7
  • EAN9782850350627
  • Date de parution18/02/2022
  • ÉditeurL'Atelier Contemporain
  • PréfacierJérôme Duwa

Résumé

Le terme "réexamen" apparaît dans une formulation de Simon Hantaï au sujet de son tableau A Galla Placidia des années 1958-1959 : il écrit exactement "réexamen rétrospectif de 10 ans de travail". En considérant l'ensemble des textes et entretiens de ce recueil, ce mot semble à la fois approprié pour désigner ce que ce livre entend offrir au lecteur - l'occasion d'un réexamen de ce qu'un peintre a écrit et dit conjointement à ce qu'il a peint - et adéquat à ce que Simon Hantaï lui-même a incarné au cours de son existence : une résolution à se réexaminer sans trêve et quelles qu'en soient les conséquences.
Il s'agit non seulement pour lui de considérer telle réalité - par exemple la peinture - avec une attention toute particulière qui conduit à ne jamais s'en satisfaire mais, en outre, d'être habité par une incertitude qui motive ce réexamen proprement interminable. Les textes et entretiens réunis ci-après, nous permettent de suivre et sans doute de mieux comprendre ce qui se passe avec les peintures que Simon Hantaï met en circulation depuis qu'il s'est exilé à Paris à partir de septembre 1948 et qu'il entre ensuite en contact avec André Breton et les surréalistes.
Par comprendre la peinture de Simon Hantaï, il ne faut naturellement pas entendre que les diverses déclarations qui suivent et qui courent sur cinquante années vont rendre les gestes de ce peintre transparents ou évidents. Il ne tenait pas à ce qu'ils le soient pour lui-même. Celui qui va revendiquer le pliage comme "méthode" à compter de 1960 entend rompre avec l'ancienne logique picturale et recommencer une activité apparemment plus simple en pliant des toiles.
Hantaï suit sa méthode du pliage pour découvrir du nouveau, plutôt que des variations d'un imaginaire qu'il estime éculé. "Je ne veux pas une réponse qui m'assure quelque chose, je ne veux justement aucune réponse, je veux l'absolu non-réponse, c'est-à-dire l'infini." A la lecture de ces textes et entretiens, on entrera mieux dans une pensée de la peinture ayant permis la mise à jour de la conscience du peintre lui-même, ce qui ne garantit pas pour autant qu'on saura mieux regarder cette peinture.
De Simon HANTAI (1922-2008), on ne retient habituellement que les peintures éclatantes nées à partir de 1960 du "pliage comme méthode" et son attitude, si hors du commun aujourd'hui, de repli silencieux à l'égard du monde de l'art et de son marché. Cela revient à occulter un peu vite que son oeuvre s'élabore à Paris dès 1948 et qu'elle a été régulièrement accompagnée de déclarations et de prises de position parfois polémiques constituant dans leur ensemble un constant effort de saisie par la pensée de ce qui est arrivé par la peinture.
Nourrie de sa fréquentation des peintres, poètes ou philosophes amis, des surréalistes amis puis ennemis, des oeuvres passées et de celles toujours présentes de Cézanne, de Pollock, de Matisse et aussi de Michaux, son interrogation radicale de l'art nous est un guide précieux pour lire sa peinture. Ce recueil de textes et entretiens rares ou inédits de 1953 à 2006 permet de reconstituer les multiples fils de cette pensée qui s'élabore à même la matière picturale.