La poésie se déploie comme une respiration ample, un espace où la volupté, la mémoire et la douceur cherchent à préserver un accord fragile avec le monde. L’amour est partout, mais débarrassé de toute brutalité. Il est regard, attente, lenteur, désir qui sait déjà qu’il va perdre. Les corps féminins sont des paysages : deltas, jardins, mers, saisons. Le violoncelle intervient comme respiration profonde, voix grave qui soutient la mélodie sans la briser.
L’érotisme, discret et assumé, s’inscrit dans une tradition lyrique consciente d’elle-même, héritière de Pétrarque autant que de l’orphisme moderne. La musique – Bach surtout – irrigue le livre comme une colonne invisible. Elle offre un modèle : rigueur et émotion, structure et abandon. La poésie aspire à cette justesse, à cette façon de tenir ensemble la sensualité et la prière, le quotidien et l’absolu.
Le café du matin, la pluie, la mer Egée, une femme sortant du bain deviennent des lieux d’accord provisoire entre le monde et le désir. La nostalgie n’est jamais sentimentale. Elle est active, presque laborieuse. Se souvenir, ici, c’est bâtir un espace intérieur où l’on peut habiter sans se dissoudre. Le poète avance en sachant que le bonheur est toujours menacé, mais aussi que la beauté ne supporte pas d’être ajournée.
D’où cette urgence douce : aimer maintenant, regarder maintenant, écrire maintenant. Le poème n’est plus seulement chant ; il est geste de sauvegarde. Il affirme, contre le bruit du monde et la fatigue des corps, qu’il existe une volupté à la vie dont on ne peut se défaire – et que la poésie, quand elle accepte sa fragilité, peut encore en être l’un des plus justes témoignages. Simona Ferrante, traductrice.
La poésie se déploie comme une respiration ample, un espace où la volupté, la mémoire et la douceur cherchent à préserver un accord fragile avec le monde. L’amour est partout, mais débarrassé de toute brutalité. Il est regard, attente, lenteur, désir qui sait déjà qu’il va perdre. Les corps féminins sont des paysages : deltas, jardins, mers, saisons. Le violoncelle intervient comme respiration profonde, voix grave qui soutient la mélodie sans la briser.
L’érotisme, discret et assumé, s’inscrit dans une tradition lyrique consciente d’elle-même, héritière de Pétrarque autant que de l’orphisme moderne. La musique – Bach surtout – irrigue le livre comme une colonne invisible. Elle offre un modèle : rigueur et émotion, structure et abandon. La poésie aspire à cette justesse, à cette façon de tenir ensemble la sensualité et la prière, le quotidien et l’absolu.
Le café du matin, la pluie, la mer Egée, une femme sortant du bain deviennent des lieux d’accord provisoire entre le monde et le désir. La nostalgie n’est jamais sentimentale. Elle est active, presque laborieuse. Se souvenir, ici, c’est bâtir un espace intérieur où l’on peut habiter sans se dissoudre. Le poète avance en sachant que le bonheur est toujours menacé, mais aussi que la beauté ne supporte pas d’être ajournée.
D’où cette urgence douce : aimer maintenant, regarder maintenant, écrire maintenant. Le poème n’est plus seulement chant ; il est geste de sauvegarde. Il affirme, contre le bruit du monde et la fatigue des corps, qu’il existe une volupté à la vie dont on ne peut se défaire – et que la poésie, quand elle accepte sa fragilité, peut encore en être l’un des plus justes témoignages. Simona Ferrante, traductrice.