L'Histoire du scepticisme de Richard H. Popkin, qui a dominé la recherche aux Etats-Unis et en Europe depuis les années 1960, était essentiellement consacrée aux rapports entre scepticisme et foi entre la fin du Moyen-Age et le début du xixe siècle. Et lorsque Stanley Cavell a réintroduit la question de l'homme dans les études sceptiques contemporaines, c'est dans le sillage d'une interprétation du doute hyperbolique des Méditations métaphysiques de Descartes qui conduisait à faire des sceptiques des anti-humanistes renonçant au monde.
C'est pourquoi il importait, suivant la suggestion d'Hans Blumenberg, de poser la question anthropologique à partir du rôle clef joué par le remodelage du scepticisme antique dans les Essais de Montaigne. Après s'être demandé s'il y a un sens à parler d'un "naturalisme sceptique" ou encore d'une "anthropologie sceptique de la croyance" , le présent ouvrage s'interroge sur les limites d'une approche exclusivement rationnelle de l'humanité et réfléchit à l'importance de la relation pour la penser non plus en termes de nature mais de condition.
Il montre ainsi la contribution paradoxale mais constante du scepticisme philosophique à l'étude de l'homme.
L'Histoire du scepticisme de Richard H. Popkin, qui a dominé la recherche aux Etats-Unis et en Europe depuis les années 1960, était essentiellement consacrée aux rapports entre scepticisme et foi entre la fin du Moyen-Age et le début du xixe siècle. Et lorsque Stanley Cavell a réintroduit la question de l'homme dans les études sceptiques contemporaines, c'est dans le sillage d'une interprétation du doute hyperbolique des Méditations métaphysiques de Descartes qui conduisait à faire des sceptiques des anti-humanistes renonçant au monde.
C'est pourquoi il importait, suivant la suggestion d'Hans Blumenberg, de poser la question anthropologique à partir du rôle clef joué par le remodelage du scepticisme antique dans les Essais de Montaigne. Après s'être demandé s'il y a un sens à parler d'un "naturalisme sceptique" ou encore d'une "anthropologie sceptique de la croyance" , le présent ouvrage s'interroge sur les limites d'une approche exclusivement rationnelle de l'humanité et réfléchit à l'importance de la relation pour la penser non plus en termes de nature mais de condition.
Il montre ainsi la contribution paradoxale mais constante du scepticisme philosophique à l'étude de l'homme.