J'ai fait la connaissance de Yossi et Yosefa Sanie' en 1991, à la fin de la premiere guerre du Golfe. J'étais alors volontaire dans un kibboutz de Galilée, à Kfar Hahoresh, où le couple résidait alors. Nous eûmes maintes fois l'occasion de nous rencontrer, en semaine ou durant les longues soirées du shabbat. Nous parlions politique, histoire, littérature, arts, voyages, musique, en anglais le plus souvent, parfois en français, et même en hébreu, puisque je m'initiais alors aux rudiments de la langue.
C'étaient, après de longues journées de travail agricole, ou de très longues nuits à l'usine, des moments de réflexion et d'intelligence que j'appréciais particulièrement, au moins autant que les strudels que préparait Yosefa. Nos discussions étaient libres. Nous abordions tous les sujets qui nous inspiraient, sans ordre précis, avec le plaisir du dilettante. Tous, sauf un : avec Yossi, on ne parlait pas du passé.
Ou, plus précisément, de son passé. Sur ce point, le silence s'imposait d'évidence. Cette enquête vient combler ce vide. Elle n'apprendra rien que les historiens ne sachent déjà. Mais elle restitue, à travers le destin singulier d'une famille, ce que furent les violences antisémites du siècle passé.
J'ai fait la connaissance de Yossi et Yosefa Sanie' en 1991, à la fin de la premiere guerre du Golfe. J'étais alors volontaire dans un kibboutz de Galilée, à Kfar Hahoresh, où le couple résidait alors. Nous eûmes maintes fois l'occasion de nous rencontrer, en semaine ou durant les longues soirées du shabbat. Nous parlions politique, histoire, littérature, arts, voyages, musique, en anglais le plus souvent, parfois en français, et même en hébreu, puisque je m'initiais alors aux rudiments de la langue.
C'étaient, après de longues journées de travail agricole, ou de très longues nuits à l'usine, des moments de réflexion et d'intelligence que j'appréciais particulièrement, au moins autant que les strudels que préparait Yosefa. Nos discussions étaient libres. Nous abordions tous les sujets qui nous inspiraient, sans ordre précis, avec le plaisir du dilettante. Tous, sauf un : avec Yossi, on ne parlait pas du passé.
Ou, plus précisément, de son passé. Sur ce point, le silence s'imposait d'évidence. Cette enquête vient combler ce vide. Elle n'apprendra rien que les historiens ne sachent déjà. Mais elle restitue, à travers le destin singulier d'une famille, ce que furent les violences antisémites du siècle passé.