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Payer pour réussir ?. Le marché du soutien scolaire
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- Nombre de pages96
- FormatGrand Format
- PrésentationBroché
- Poids0.11 kg
- Dimensions11,5 cm × 19,0 cm × 0,7 cm
- ISBN978-2-84950-674-5
- EAN9782849506745
- Date de parution01/01/2018
- CollectionComprendre et agir
- ÉditeurSyllepse (Editions)
Résumé
Une pratique massive et inégalitaire Les campagnes publicitaires des organismes comme Acadomia et Wall Street Institute ont fleuri dans les rames des métros parisiens ces dernières années. Ainsi le soutien scolaire payant s'expose-t-il au grand jour, lui qui demeurait jusqu'alors discrètement annoncé sur les comptoirs ou les vitrines des commerces de proximité. Cette question devient un problème public qui concerne l'école.
D'une part, son développement semble exhiber les imperfections de l'école, notamment son incapacité à faire réussir tous les enfants. D'autre part, il n'est désormais plus possible d'ignorer que certaines familles mobilisent de plus en plus leur capital économique pour faire réussir leurs enfants à l'école. Cette pratique ouvre un nouveau champ, après celui exploré en leur temps par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron sur le rôle du capital culturel des familles dans la réussite de leur progéniture.
Si le recours au soutien scolaire payant a nourri de nombreux articles de presse et reportages, si les pouvoirs publics ont commandé des rapports à son propos, rares sont les recherches menées en sciences sociales sur la question, à l'exception, dès les années 1990, des travaux pionniers de Dominique Glasman et des comparaisons internationales réalisées par Mark Bray pour l'Institut international de planification de l'éducation (IIPE, Unesco).
Pourtant, la question est cruciale, car le recours au soutien scolaire payant risque fort d'être un facteur supplémentaire d'inégalités scolaires. Il convient donc de s'interroger. Dans quelle mesure sommes-nous confrontés à une pratique massive ? Quels sont les effets des politiques incitatives, fiscales notamment ? Il existe une enquête plus récente, mais elle ne concerne que les élèves de sixième et les données ne peuvent donc être comparées aux précédentes.
Les conclusions qu'elle permet de tirer sont plus nuancées en ce qui concerne les inégalités, peut-être en raison du fait que les familles les plus favorisées ont tendance à intensifier leur investissement scolaire au lycée. Aussi le soutien scolaire interpelle-t-il les pouvoirs publics dans la mesure où cette inégalité d'accès va à l'encontre du principe d'égalité des chances. Alors que la lutte contre les inégalités à l'école fait l'objet d'un certain consensus politique, le soutien scolaire marchand apparaît comme un obstacle à cet objectif.
D'une part, son développement semble exhiber les imperfections de l'école, notamment son incapacité à faire réussir tous les enfants. D'autre part, il n'est désormais plus possible d'ignorer que certaines familles mobilisent de plus en plus leur capital économique pour faire réussir leurs enfants à l'école. Cette pratique ouvre un nouveau champ, après celui exploré en leur temps par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron sur le rôle du capital culturel des familles dans la réussite de leur progéniture.
Si le recours au soutien scolaire payant a nourri de nombreux articles de presse et reportages, si les pouvoirs publics ont commandé des rapports à son propos, rares sont les recherches menées en sciences sociales sur la question, à l'exception, dès les années 1990, des travaux pionniers de Dominique Glasman et des comparaisons internationales réalisées par Mark Bray pour l'Institut international de planification de l'éducation (IIPE, Unesco).
Pourtant, la question est cruciale, car le recours au soutien scolaire payant risque fort d'être un facteur supplémentaire d'inégalités scolaires. Il convient donc de s'interroger. Dans quelle mesure sommes-nous confrontés à une pratique massive ? Quels sont les effets des politiques incitatives, fiscales notamment ? Il existe une enquête plus récente, mais elle ne concerne que les élèves de sixième et les données ne peuvent donc être comparées aux précédentes.
Les conclusions qu'elle permet de tirer sont plus nuancées en ce qui concerne les inégalités, peut-être en raison du fait que les familles les plus favorisées ont tendance à intensifier leur investissement scolaire au lycée. Aussi le soutien scolaire interpelle-t-il les pouvoirs publics dans la mesure où cette inégalité d'accès va à l'encontre du principe d'égalité des chances. Alors que la lutte contre les inégalités à l'école fait l'objet d'un certain consensus politique, le soutien scolaire marchand apparaît comme un obstacle à cet objectif.

