Marie Gil est essayiste et romancière. Elle a notamment publié Roland Barthes. Au lieu de la vie et Est. Elle est également vice-présidente du Collège international de philosophie et dirige le séminaire Roland Barthes de l'ENS.
La chambre d'à côté. Le décadrage absolu de Melville à Scorsese
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- Nombre de pages250
- FormatGrand Format
- PrésentationBroché
- Poids0.373 kg
- Dimensions14,0 cm × 21,0 cm × 2,0 cm
- ISBN978-2-7056-9455-5
- EAN9782705694555
- Date de parution28/09/2017
- ÉditeurHermann
Résumé
La chambre d'à côté est ce lieu où se déroule véritablement le récit et qui, dans certaines oeuvres, reste inaccessible au lecteur. Relégué dans l'ailleurs, décadré, celui-ci demeure, jusqu'à la fin de l'histoire, ignorant : "Qu'est-ce qu'il s'est passé?", comme l'écrivait Deleuze à propos de James. Tel secret, tel personnage, existent-ils réellement ? Pourquoi me raconte-t-on cette histoire ? Dans ces récits, le lieu du sens seul est désigné.
La chambre d'à côté, métaphore ou figure, n'a qu'une valeur indiciaire : ce qu'elle désigne, c'est une dualité fondamentale de l'espace du monde, entre un ici vide et un ailleurs inaccessible - mais un ailleurs qui porte l'essence de toutes choses. Or n'est-ce pas le Réel même, défini comme l'irreprésentable, qui est ainsi désigné ? Par cette figure du décadrage narratif, romanciers, cinéastes et peintres n'atteignent-ils pas l'essence de tout récit : signifier le réel véritable, qu'on appelle aussi l'immanence ? Ce serait paradoxalement par la désignation de l'ailleurs que l'on atteindrait l'essence véritable de ce qui est là.
La chambre d'à côté, métaphore ou figure, n'a qu'une valeur indiciaire : ce qu'elle désigne, c'est une dualité fondamentale de l'espace du monde, entre un ici vide et un ailleurs inaccessible - mais un ailleurs qui porte l'essence de toutes choses. Or n'est-ce pas le Réel même, défini comme l'irreprésentable, qui est ainsi désigné ? Par cette figure du décadrage narratif, romanciers, cinéastes et peintres n'atteignent-ils pas l'essence de tout récit : signifier le réel véritable, qu'on appelle aussi l'immanence ? Ce serait paradoxalement par la désignation de l'ailleurs que l'on atteindrait l'essence véritable de ce qui est là.












