La Chair de la robe

Par : Madeleine Chapsal
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  • Nombre de pages378
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.505 kg
  • Dimensions15,3 cm × 23,5 cm × 2,7 cm
  • ISBN2-213-02259-3
  • EAN9782213022598
  • Date de parution01/04/1989
  • ÉditeurFayard

Résumé

A mes yeux d'enfant, ma superbe marraine, Madeleine Vionnet, qui fuit la plus grande créatrice de la Haute-Couture de l'avant-guerre, ainsi que ma mère, son intime collaboratrice, étaient des sortes de fées. Toutefois, quelles fées laborieuses ! On n'en a plus idée aujourd'hui. La maison Vionnet, fondée en 1912, fermée en 1939, ressemblait à une immense " ruche " - douze cents personnes au 50 de l'avenue Montaigne - perpétuellement bourdonnante, où créatrices, ouvrières, premières, vendeuses, mannequins, en dépit d'une sévère hiérarchie, se retrouvaient confondus dans une tâche incessante : la confection d'objets éphémères. Ces femmes acharnées, qui n'avaient guère de temps pour une autre existence - l'enfant que je fus en a souffert, avant de pouvoir admirer-, se vouaient à un labeur exigeant et sans relâche, mais qui était leur joie et faisait leur orgueil.
Elles savaient qu'en fabriquant l'élégance, elles humanisaient la civilisation. Les mains de Vionnet, les mains de Maman ! C'est pour ces mains-là, créatrices incessantes de frivolité - et avec quoi lutte-t-on le mieux contre la mort, sinon avec la frivolité poussée à son extrême -, que je raconte ce que fut l'esprit de la Haute-Couture. Aujourd'hui, à travers Yves Saint-Laurent, Christian Lacroix, Jean-Louis Scherrer, Pierre Cardin (ils sont 22 créateurs de la Haute-Couture en 1989), cet esprit continue de régner à Paris. Il doit bien y avoir une raison pour que se perpétue chez nous, en dépit de tout, aussi souveraine et indéracinable, cette passion de l'élégance ? La réponse, nous la connaissons : cette " folie " s'appelle amour. L'amour de la vie.