Il y a des rituels immuables dans ces dîners parisiens où l'on refait le monde entre la poire et le fromage, où l'esprit français, volontiers frondeur, aime à se confronter aux grandes tragédies du temps présent, pourvu qu'elles conservent une distance de sécurité respectable. Pour moi, Iranien de France, le script est souvent écrit d'avance. La soirée avance, les conversations s'animent les vins aidant, et puis, infailliblement, vient le moment.
Un silence calculé, un regard qui se fait plus insistant, et la question, posée sur un ton de confidence presque feutrée, comme si l'on s'apprêtait à partager un secret d'Etat ou une recette de cuisine particulièrement délicate : "Et l'Iran ? Votre pays... On en parle peu, finalement, ou si mal. Mais si, d'aventure, le régime des mollahs... vous voyez... s'il venait à disparaître... ce serait le chaos, n'est-ce pas ? On imagine le pire, une sorte de Syrie puissance dix, un nouvel Afghanistan peut-être ? Franchement, entre nous, difficile d'envisager autre chose, non ? Vous qui connaissez de l'intérieur..."
Il y a des rituels immuables dans ces dîners parisiens où l'on refait le monde entre la poire et le fromage, où l'esprit français, volontiers frondeur, aime à se confronter aux grandes tragédies du temps présent, pourvu qu'elles conservent une distance de sécurité respectable. Pour moi, Iranien de France, le script est souvent écrit d'avance. La soirée avance, les conversations s'animent les vins aidant, et puis, infailliblement, vient le moment.
Un silence calculé, un regard qui se fait plus insistant, et la question, posée sur un ton de confidence presque feutrée, comme si l'on s'apprêtait à partager un secret d'Etat ou une recette de cuisine particulièrement délicate : "Et l'Iran ? Votre pays... On en parle peu, finalement, ou si mal. Mais si, d'aventure, le régime des mollahs... vous voyez... s'il venait à disparaître... ce serait le chaos, n'est-ce pas ? On imagine le pire, une sorte de Syrie puissance dix, un nouvel Afghanistan peut-être ? Franchement, entre nous, difficile d'envisager autre chose, non ? Vous qui connaissez de l'intérieur..."