Avicenne. Le système philosophique d'Ibn Sina, des origines coraniques à la scolastique arabo-grecque

Par : De vaux-saint-cyr bernard Carra
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  • Nombre de pages312
  • PrésentationBroché
  • Poids0.455 kg
  • Dimensions14,8 cm × 21,0 cm × 2,2 cm
  • ISBN979-10-431-2819-6
  • EAN9791043128196
  • Date de parution29/01/2026
  • ÉditeurSHS Éditions

Résumé

Ce volume, rédigé par le B. Carra de Vaux, propose une synthèse fondamentale du mouvement philosophique qui s'est épanoui en Orient entre l'Hégire et la mort d'Avicenne (Ibn Sina, 980-1037), dont le système est présenté comme un point culminant. L'étude, de nature objective et académique, se concentre sur les domaines de la logique, de la physique, de la psychologie et de la métaphysique, s'appuyant sur des travaux orientalistes antérieurs pour opérer une synthèse de cette matière encore peu connue du public lettré au début du XXe siècle.
Le parcours débute par une analyse de la Théodicée du Coran (Chapitre I), qui pose les bases dogmatiques de l'unité et de la puissance divine, point de départ nécessaire à toute spéculation. L'intuition mahométane de Dieu - un et puissant - est confrontée aux solutions analytiques et rationnelles que la pensée islamique a cherché à y substituer. Le mouvement initial est incarné par l'école rationaliste des Mutazélites (Chapitre II).
Cette secte, caractérisée par ses tendances libérales, s'est illustrée dans l'étude des qualités de Dieu et du problème du libre arbitre (al-adl), s'opposant au fatalisme simpliste des Djabarites. Des penseurs comme Wasil fils d'Atâ, Abou 'l-Hodéïl al-Allaf, et Nazâm ont introduit une finesse d'analyse remarquable, notamment sur la nature de la volonté divine, la liberté humaine et la loi naturelle.
Le chapitre III, consacré aux Traducteurs, détaille l'onde de choc de la science hellénique dans l'Islam. La philosophie grecque fut transmise par l'intermédiaire des cultures araméennes, en particulier par les savants Syriaques (Nestoriens et Monophysites) et les Sabéens de Harrân. Ces traducteurs (dont Honéïn fils d'Ishâk, Thâbit fils de Korrah, et Abou Bicr Matta) ont rendu accessibles en arabe l'Organon d'Aristote, les oeuvres de Platon (République, Timée) et les commentaires néoplatoniciens (Porphyre, Plotin, via l'apocryphe Théologie d'Aristote).
Ce travail a façonné une tradition philosophique syncrétique, vue par les Arabes comme une "science unique et vivante" . Le coeur de l'ouvrage est l'exposition du système d'Avicenne (Chapitre V à X), dont la biographie est retracée à partir de son récit personnel, révélant une vie marquée par une activité intellectuelle prodigieuse au milieu des troubles politiques (califats abbassides et dynasties Samanides/Bouyides).
Le livre s'achève sur la Mystique d'Avicenne (Chapitre X), qui sert de complément éthique. Avicenne défend un Optimisme métaphysique : la Providence divine enveloppe tout, et le mal n'est qu'un manque ou un défaut accidentel lié à la puissance de la matière, toujours subordonné au bien universel. La destinée de l'âme après la mort (félicité des intelligibles ou souffrance) est fonction de la perfection atteinte par son intelligence pratique.
L'ouvrage illustre enfin cette transition vers l'intuition mystique par le mythe allégorique de Salâmân et Absâl.