Zig-zags en Bulgarie
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- FormatMulti-format
- ISBN978-2-38442-537-2
- EAN9782384425372
- Date de parution24/07/2025
- Protection num.pas de protection
- Infos supplémentairesMulti-Format
- ÉditeurLa Gibecière à Mots
Résumé
Frédéric Kohn-Abrest (1850-1893) "J'étais parti de Paris le 22 avril 1877 par le train-poste du soir, ligne du Nord. Le lendemain je fus réveillé pour la troisième fois (les deux autres interruptions de sommeil étaient au compte des douanes belge et allemande) par le bruit assourdissant d'une nuée de gamins qui psalmodiaient sur un rythme traînant et lugubre - Zei-tung-heu-te - Zei-tung-heu-te. Ces deux notes jetées par une demi-douzaine de jeunes stentors, signifiaient que la Gazette de Cologne du jour venait d'être mise en vente.
Le journal était tout frais, tout humide encore des baisers de la presse, car le convoi venait de s'arrêter dans la ville même où la volumineuse Gazette s'imprime ; au milieu de cette énorme bâtisse vitrée, la gare de Cologne où le croisement ininterrompu des trains convergeant dans tous les sens le jour et la nuit, provoque un brouhaha perpétuel dont les éclats se perdent dans l'immensité du Hall.
Je donnai les 25 pfennigs à l'un des petits braillards, et certes, la Gazette valait cette somme ce jour-là. Elle contenait le discours au Reichstag de M. de Moltke sur la concentration des troupes françaises le long de la frontière - discours célèbre pendant huit jours (où êtes-vous, neiges d'antan !) et un télégramme annonçant officiellement la rupture des rapports diplomatiques entre la Russie et la Turquie, ainsi que l'entrée des Russes sur le territoire roumain.
L'avouerai-je ? cette nouvelle me soulagea beaucoup. Jusqu'au dernier moment, d'incorrigibles sceptiques m'avaient inoculé des doutes sur la réalité des préparatifs militaires et avaient même doucement raillé le reporter qui en serait pour son voyage. Maintenant les sceptiques étaient confondus. Le tsar avait bien réellement fermé le temple de Janus, et non seulement je ne risquai point d'avoir entrepris un voyage inutile, il fallait encore me hâter pour arriver à temps.
Mes étapes furent doublées et, après une courte halte à Berlin, je me trouvais quarante-huit heures plus tard aux frontières de l'empire du tsar." Témoignage du journaliste Frédéric Kohn-Abrest sur la guerre Russo-turque, en Bulgarie (1877). L'humour se mêle aux descriptions et aux réflexions.
Le journal était tout frais, tout humide encore des baisers de la presse, car le convoi venait de s'arrêter dans la ville même où la volumineuse Gazette s'imprime ; au milieu de cette énorme bâtisse vitrée, la gare de Cologne où le croisement ininterrompu des trains convergeant dans tous les sens le jour et la nuit, provoque un brouhaha perpétuel dont les éclats se perdent dans l'immensité du Hall.
Je donnai les 25 pfennigs à l'un des petits braillards, et certes, la Gazette valait cette somme ce jour-là. Elle contenait le discours au Reichstag de M. de Moltke sur la concentration des troupes françaises le long de la frontière - discours célèbre pendant huit jours (où êtes-vous, neiges d'antan !) et un télégramme annonçant officiellement la rupture des rapports diplomatiques entre la Russie et la Turquie, ainsi que l'entrée des Russes sur le territoire roumain.
L'avouerai-je ? cette nouvelle me soulagea beaucoup. Jusqu'au dernier moment, d'incorrigibles sceptiques m'avaient inoculé des doutes sur la réalité des préparatifs militaires et avaient même doucement raillé le reporter qui en serait pour son voyage. Maintenant les sceptiques étaient confondus. Le tsar avait bien réellement fermé le temple de Janus, et non seulement je ne risquai point d'avoir entrepris un voyage inutile, il fallait encore me hâter pour arriver à temps.
Mes étapes furent doublées et, après une courte halte à Berlin, je me trouvais quarante-huit heures plus tard aux frontières de l'empire du tsar." Témoignage du journaliste Frédéric Kohn-Abrest sur la guerre Russo-turque, en Bulgarie (1877). L'humour se mêle aux descriptions et aux réflexions.



