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Une brûlante inquiétude
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- Nombre de pages148
- FormatPDF
- ISBN978-2-89766-240-0
- EAN9782897662400
- Date de parution12/03/2020
- Protection num.Digital Watermarking
- Taille4 Mo
- Infos supplémentairespdf
- ÉditeurÉditions du Noroît
Résumé
« Qui, si je criais, parmi la cohorte des anges, m'entendrait? » L'appel tourmenté de Duino résonne encore jusqu'à nous. Jamais autant qu'aujourd'hui la parole n'a-t-elle parue aussi fragile et si peu apte à rendre compte du réel, comme si les mots n'appartenaient plus à ce monde, chargés d'oubli plutôt que de sens, à la manière d'un vestige effondré. Qui parle, d'ailleurs, en chacun de nous? Plus nos voix se mêlent les unes aux autres, moins elle semblent constituer un discours commun.
Comme un homme sans os, elles sont devenues une forme indéfinie et trop souvent vaine. Dans le brouhaha des voix qui s'entremêlent, écouter ressemble à une idée morte, tandis que la parole a peu à peu quitté le champ de la culture pour disparaître dans l'insistante affirmation de soi. Parler serait-il donc devenu inutile? Et écrire un exercice ne pouvant aboutir qu'à l'énormité du vide? Pourtant non, car nous n'avons rien d'autre que les mots, toujours inaboutis et traversés de noir; ils sont les seuls interstices de nos vies où le temps ait un sens et grâce auxquels l'humanité peut encore crier: « ne m'oubliez pas! » Parler aux dépens des mots eux-mêmes est si nécessaire, sachant que le souffle qui les porte ne fait qu'un avec le coeur des choses.
Comme un homme sans os, elles sont devenues une forme indéfinie et trop souvent vaine. Dans le brouhaha des voix qui s'entremêlent, écouter ressemble à une idée morte, tandis que la parole a peu à peu quitté le champ de la culture pour disparaître dans l'insistante affirmation de soi. Parler serait-il donc devenu inutile? Et écrire un exercice ne pouvant aboutir qu'à l'énormité du vide? Pourtant non, car nous n'avons rien d'autre que les mots, toujours inaboutis et traversés de noir; ils sont les seuls interstices de nos vies où le temps ait un sens et grâce auxquels l'humanité peut encore crier: « ne m'oubliez pas! » Parler aux dépens des mots eux-mêmes est si nécessaire, sachant que le souffle qui les porte ne fait qu'un avec le coeur des choses.











