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Stig Dagerman et l’existentialisme

Par : Georges Perilleux
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  • Nombre de pages286
  • FormatMulti-format
  • ISBN979-10-365-3812-4
  • EAN9791036538124
  • Date de parution08/01/2020
  • Protection num.pas de protection
  • Infos supplémentairesMulti-Format
  • ÉditeurPresses universitaires de Liège

Résumé

Le but du présent ouvrage est d'établir dans quelle mesure Kierkegaard, Sartre et Camus ont pu influencer le jeune écrivain Stig Dagerman. Les deux ouvrages de quelque importance consacrés à cet auteur, la biographie d'Olof Lagercrantz et le livre récent de Hans Sandberg font allusion à une telle influence, mais ils restent vagues à son sujet. Les comptes rendus de presse et de revues parus à l'occasion de la publication ou de la représentation des ouvres de Dagerman signalent occasionnellement des analogies de détail.
Mais la question de savoir si sa pensée a été véritablement marquée par les théories existentialistes n'a jamais été élucidée. Un travail scientifique concernant l'étendue de l'influence de Kierkegaard, Sartre et Camus sur la littérature suédoise des années 40 fait actuellement défaut. Les analogies manifestes entre la pensée existentialiste et certaines idées-clefs des « 40-talister », le fait que les pièces et les romans de Sartre et de Camus ainsi que certaines de leurs ouvres théoriques ont été jouées ou éditées en suédois à partir de 1945 et ont donné lieu à des commentaires parfois passionnés, le fait établi que Karl Vennberg, chef de file du groupe « 40-tal », et Lars Ahlin, membre du même groupe, ont approfondi la philosophie de Kierkegaard montrent que l'histoire littéraire suédoise des années 40 ne peut être complète si elle néglige l'importance du courant existentialiste.
Il faut entendre ici le terme « existentialisme » dans un sens assez large, puisqu'il recouvre la philosophie de Kierkegaard, qui serait plutôt, au sens strict, « un penseur existentiel », et la pensée de Camus, qui pourtant affirme en 1945 : « Non, je ne suis pas existentialiste. ». Si les théories de Gabriel Marcel, de Karl Jaspers et de Martin Heidegger ne sont pas mentionnées ici, c'est que ces philosophes étaient à peu près inconnus du public suédois pendant la deuxième guerre mondiale et dans les années qui ont suivi celle-ci.
Seuls des spécialistes peuvent s'y référer occasionnellement. Ainsi Gunnar Brandell publie dès 1937 un volume d'essais intitulé : « Confesseurs et éducateurs » dans lequel il oppose la philosophie de Jaspers à celle des « philosophes d'Upsal ». En 1946, le même auteur retrace, pour la première fois en Suède, le cours de la tradition philosophique de l'existentialisme de Kierkegaard à Sartre en passant par Heidegger, Jaspers et Marcel.
Mais l'exemple de Brandell peut être considéré comme isolé.