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Stefan Zweig. L'ombre et le réel du corps vivant

Par : Philippe Lacadée
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  • Nombre de pages392
  • Date de parution20/08/2026
  • FormatePub
  • ISBN979-10-413-1374-7
  • EAN9791041313747
  • Protection num.Digital Watermarking
  • Taille881 Ko
  • Infos supplémentairesepub
  • ÉditeurPU Rennes
  • PréfacierFrançois Ansermet

Résumé

L'oeuvre de Stefan Zweig éclaire la façon dont, au début du XXe siècle, la littérature s'est emparée des questions fondamentales de l'être. Elle a saisi qu'avec Freud l'inconscient n'est ni un réservoir obscur, ni un résidu stagnant de l'âme, mais une ombre qui s'entend à la surface du discours. Zweig a attrapé cette ombre par la structure du récit enchâssé de celui qui, sorti de l'ombre justement, s'adresse au narrateur dans une expérience de parole.
De cette opacité au coeur de ce qui fait l'humain vécue comme étrangère, il appréhenda la jouissance indicible. La logique de ses écrits se soutient de cette Ombre devant soi et l'élégante solution de sa plume mélancolique trouve, dans l'encre de sa bile noire, la substance de ce qui touche à la pulsion de mort. Se décrivant comme le « Juif errant », Zweig aimait l'Europe des langues à laquelle il adressa de véritables déclarations d'amour pour la soulager de sa souffrance, de sa maladie mentale.
Sa réponse aux événements politiques et à la montée du nazisme fut celle d'un combattant pacifiste révélant la persécution de la barbarie nazie dans Le Joueur d'échecs. L'essentiel de ses conférences et écrits porte la marque de son combat pour une Europe de la culture, des arts et des sciences. Ayant perdu les racines de sa langue assassinée par le IIIe Reich, Zweig ne se compta plus parmi ceux dont il disait : « Seuls les vivants créent le monde », son corps ne pouvait plus résonner avec la poésie de la langue perdue.
Privé de sa plume, il décida de s'effacer tandis que seuls les vivants de ses romans et nouvelles demeureraient.