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Santé, maladies et médecine africaine - Plaidoyer pour l'autre tradipratique
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- Nombre de pages670
- FormatePub
- ISBN2-37015-579-5
- EAN9782370155795
- Date de parution08/07/1905
- Protection num.Digital Watermarking
- Taille3 Mo
- Infos supplémentairesepub
- ÉditeurNouvelles Éditions Numériques
Résumé
Quatre-vingts pour cent (80 %) d'Africains recourent quotidiennement à la médecine traditionnelle pour leurs problèmes de santé. Qu'est-ce qui est réellement fait pour une prise en compte maximale de cette médecine ? Par qui et comment cela est-il fait ? Consacrée à la médecine traditionnelle africaine dite tradipratique, notre réflexion entend s'interroger en profondeur sur le sort réservé à cette médecine, tout au moins à certaines de ses composantes, dans les choix thérapeutiques des Africains et les initiatives privées, les organismes nationaux et internationaux en charge de la santé des populations.
Ici, et/ou là, fascinés par les atours et les exploits de la médecine conventionnelle, nombreux sont les bien-pensants ne voyant l'avenir de la tradipratique que dans sa transformation sur le modèle occidental, transformation devant aboutir à la production des « Médicaments Traditionnels Améliorés », voire des tablettes, des gélules, des comprimés, sirops, pommades et produits injectables, à l'image de ce qui se vend en pharmacie.
Or, pensons-nous, la réduction de la médecine traditionnelle africaine au parangon uni-organique et pharmacologique biomédical est simplificatrice : la tradipratique africaine est complexe : matérielle et spirituelle, physique et métaphysique, profane et sacrée, magique et religieuse, médicamenteuse et rituelle, généraliste et spécialisée, directe, proximale, présentielle et biaisée, télé-active, éminemment préventive et normative...
Parce que globale, holistique, intégrant l'organe dans le corps total, le patient dans sa famille, sa famille dans la communauté, et la communauté dans la nature, ses nosologies débordent la définition de la santé et de la maladie proposées par l'Organisation mondiale de la santé, pour inclure le physique et l'extra-physique, l'individuel et le groupal. Conséquemment, ses thérapies apparaissent en une logique relationnelle articulant le physique au métaphysique, l'humain à l'extra-humain et au cosmos.
D'une certaine manière, la médecine traditionnelle africaine est sous-tendue par un humanisme élastique, plastique, une ontologie extensible jusqu'aux limites du divin, c'est-à-dire à la conception d'un homme perfectible, modulable et dont les capacités décuplées autorisent des performances hors du commun : crypto-communication, blindage, contre-sorcellerie, contre-accident, contrepoison, contre-vol, contre-couteau, contre-repas et rapports sexuels en rêve, sans oublier le maintien de la virilité des octogénaires, le choix du sexe d'un bébé, la maîtrise de la foudre et de la pluie...
N'en voilà-t-il pas assez pour mériter autre chose qu'un ricanement méprisant et un silence hypocrite
Ici, et/ou là, fascinés par les atours et les exploits de la médecine conventionnelle, nombreux sont les bien-pensants ne voyant l'avenir de la tradipratique que dans sa transformation sur le modèle occidental, transformation devant aboutir à la production des « Médicaments Traditionnels Améliorés », voire des tablettes, des gélules, des comprimés, sirops, pommades et produits injectables, à l'image de ce qui se vend en pharmacie.
Or, pensons-nous, la réduction de la médecine traditionnelle africaine au parangon uni-organique et pharmacologique biomédical est simplificatrice : la tradipratique africaine est complexe : matérielle et spirituelle, physique et métaphysique, profane et sacrée, magique et religieuse, médicamenteuse et rituelle, généraliste et spécialisée, directe, proximale, présentielle et biaisée, télé-active, éminemment préventive et normative...
Parce que globale, holistique, intégrant l'organe dans le corps total, le patient dans sa famille, sa famille dans la communauté, et la communauté dans la nature, ses nosologies débordent la définition de la santé et de la maladie proposées par l'Organisation mondiale de la santé, pour inclure le physique et l'extra-physique, l'individuel et le groupal. Conséquemment, ses thérapies apparaissent en une logique relationnelle articulant le physique au métaphysique, l'humain à l'extra-humain et au cosmos.
D'une certaine manière, la médecine traditionnelle africaine est sous-tendue par un humanisme élastique, plastique, une ontologie extensible jusqu'aux limites du divin, c'est-à-dire à la conception d'un homme perfectible, modulable et dont les capacités décuplées autorisent des performances hors du commun : crypto-communication, blindage, contre-sorcellerie, contre-accident, contrepoison, contre-vol, contre-couteau, contre-repas et rapports sexuels en rêve, sans oublier le maintien de la virilité des octogénaires, le choix du sexe d'un bébé, la maîtrise de la foudre et de la pluie...
N'en voilà-t-il pas assez pour mériter autre chose qu'un ricanement méprisant et un silence hypocrite












